A r t i k e l * n u m m e r * #11________________________________________________( kapitel neun )_____

A r t i k e l * n u m m e r * #11________________________________________________( kapitel neun )_____✖
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____________D e r * A n f a n g * d e s * S p i e l e s


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Le début du jeu _** _* _* _ _ _ _ ____





__ __ Je réfléchis. Depuis trois heures pour être précis. Trois longues heures que je fixe cette feuille couverte de mon écriture ronde. Des mots, des phrases, un mélange incompréhensible de tout ce qui me ronge en ce moment. Peut-être germera-t-il une idée pour une nouvelle chanson. J'aimerais en réécrire. Au moins une ... Je soulève mes feuilles. Le gros paquet de papier qui encombre mon bureau, et en cherche fébrilement un. Hier j'ai écrit quelque chose de bien, je crois. Si j'le retrouvais ce s'rait plus pratique. Mes doigts s'accrochent à une feuille de couleur blanc cassé. La voilà.

Es war ein Weg, den wir begonnen,
Zusammen leben wollten und fühlen.
Zusammen gestartet und zerronnen,
Nun zerbricht alles in tausend Lügen.
Es gibt kein Licht jenseits der Sonne.

Und ich wünschte, es gäbe einen Weg, einen Weg, ein Weg für uns zwei.
Weißt du, dass ich für dich leb'? Gegen jede Grenze, vogelfrei.
Reich' mir bitte deine Hand, sieh' mir ganz fest ins Gesicht.
Zeig' mir ein weit entferntes Land und führe mich ins helle Licht.
Frei von allen Fesseln dieser Welt. Vogelfrei.
________________________Traduction

Je soupire. Non. Non encore une fois ça ne va pas ! C'est ... c'est beaucoup trop personnel ! Ca ne concerne que moi et Tom. Comme toujours. Je soupire à nouveau. Je ne sais rien faire putain.

Je me laisse aller dans ma chaise, et pose mes mains sur mes joues, faisant glisser mes doigts jusqu'à mes tempes en les massant. J'ai besoin de calme. J'ai besoin de me ressourcer loin de toute cette folie qui nous accapare. C'est horrible. Je ... je ne supporte plus ... Tous ces gens qui ... qui nous haïssent. Tous ces gens que l'on répugne. Depuis l'annonce de l'existence d'Erika, en fait. Mais avant, je m'occupais de mon ventre et c'était tout. Bien que je sois les trois quarts du temps collé à elle, le fait d'en être séparé m'a fait revenir sur Terre. Dans cette saloperie de réalité.
-« J'en ai marre ... » dis-je en gémissant.
Oui, j'en ai marre d'être pris pour un monstre. J'ai même lu un magazine où il était écrit : « après le phénomène Tokio Hotel, le phénomène Bill Kaulitz ». Certes, ce n'était pas un magazine très passionné de musique. Que du people comme ils disent. Une merde de programme télé où les rédacteurs se croient tout permis. Mais ça fait mal. Quand même.

Un cri résonne dans l'appart tout à coup et je me redresse brusquement. Mon c½ur se serre. Et ce n'est pas la première fois malheureusement. Je grimace un peu et inspire un coup.
-« Tom ? Qu'est-ce que t'as fait encore ? » criais-je, sur un ton explicite.
Seul le silence me répond, entrecoupé des pleurs de mon p'tit c½ur. Mon deuxième amour. C'est incroyable, je me demande comment elle va faire pour vivre avec nous, parce que je ne supporte pas de m'en décoller, ne serait-ce que quatre heures. Je suppose que c'est simplement ... le début. Enfin, je l'espère pour elle. Je soupire pour la troisième fois. Tom est vraiment un grand enfant des fois. Enfin au moins vingt deux heures sur vingt quatre. Comme eux, quand il fait une bêtise, il fait comme s'il n'existait pas.

Je jette un ½il à mon bordel et réajuste les feuilles en une pile bien droite avant de quitter la pièce. Une grimace me déforme les traits alors que je sens encore mon mal de dos. Il ne passe pas, et c'est si désagréable. Mon corps n'était pas content de porter un bébé. Et même si ça fait huit mois que j'y habite tout seul, il semble vouloir me rappeler sa rancune. Je traverse le couloir en long puis en large. Les pleurs proviennent de la chambre d'Erika, ou l'ex-chambre de Gustav. J'abaisse la poignée dorée et pousse la porte. Mon regard capte immédiatement le poulpe qui me sert de frère dans la pénombre de la chambre jaune. J'aime pas le rose. Et Tommi le sait. C'est lui qui l'a fait. D'ailleurs ... ça se voit aux peintures mal jointes et aux motifs incompréhensibles. Mais je la trouve chaleureuse. Et puis, c'est vraiment trop mignon de sa part. Il n'est pas très bricoleur. C'était un très joli cadeau.

Il est de dos, et je devine à la position de ses bras qu'il tient Erika. Pas étonnant qu'elle pleure. Il est près de quatre heures, et elle devrait encore dormir à cette heure-là. Je m'approche et pose mes mains délicatement sur ses hanches. Il sursaute et se retourne, me regardant avec des grands yeux désespérés. Je ne peux m'empêcher de le trouver beau, comme toujours. Mon regard tombe sur Erika que je lui enlève doucement des bras. Pas d'odeur suspecte. Elle a juste besoin de dormir. Je soupire et fixe Tom alors que mes mains plaquent notre fille contre mon torse, étouffant un minimum ses sanglots.
-« Pourquoi tu l'as réveillé ? » demandais-je, curieux.
Je vois mon frère hésiter, en mordillant son piercing, signe de nervosité. Je le sens déjà mal.
-« En fait ... euh ... elle ... » il marque une pause de quelques secondes, baissant les yeux, « elle ... elle n'a pas dormi. » finit-il d'une toute petit voix.
J'écarquille simplement les yeux en digérant l'information.
-« Mais ... pourquoi ? » demandais-je, toujours interloqué.
J'étais persuadé qu'elle avait fait sa sieste. Je ne l'ai pas entendu pleurer avant. Tom a l'air extrêmement gêné, et ça ne me dit rien qui vaille.
-« On ... on a joué ... ? » dit-il peu sûr de lui.

A vrai dire, je n'en reviens carrément pas. Il l'a empêché de dormir, c'est aussi simple que ça. Il faut la laisser quand on vient la coucher en début d'aprèm. Pas faire joujou. Elle n'est pas une poupée. Bien que Tom n'ait jamais joué à la poupée. Je soupire et le regarde alternativement au fond de chaque ½il.
-« Tu as joué avec Elle, et pas l'inverse, elle est trop petite. »
-« Mais ... je suis venu voir tout à l'heure et elle ne dormait pas ! »
dit-il pour sa défense.
-« Ce n'est pas une raison ! Quelle heure il était ? »
A nouveau il baisse les yeux.
-« Deux heures et demi. »

Je regarde mon petit ange qui commence à somnoler dans mes bras. La pauvre. Elle va bien dormir cette nuit au moins. Mais elle a seulement huit mois. Elle doit dormir au moins une quinzaine d'heure par jour.
-« Je n'irais pas jusqu'à dire que tu es irresponsable, mais presque. » déclarais-je, agacé.

Je caresse tendrement son dos, et resserre mon étreinte sur ce petit corps que j'aime tant. Ses cheveux ont bien poussé. Ils sont toujours aussi pâles. Je ne me souviens pas d'avoir vu, sur les photos de notre petite enfance, des cheveux aussi blonds. Bah, ça remonte peut-être à loin pis c'est pas définitif. Je la sens gigoter un peu et se blottir plus fortement contre moi. En babillant bien sûr.

Je remonte mon regard vers Tom pour m'apercevoir qu'il n'est plus là. J'émets un petit souffle de regret. Je n'aurais pas du lui parler comme ça. Mais ... je ... je suis trop perfectionniste. Il faut toujours que tout soit réglé à la lettre. Même les horaires de sommeil de ma fille. Je suis insupportable, oui. Et un peu sur les nerfs en ce moment. Mon Dieu, je l'ai carrément traité d'irresponsable pour une si petite chose. Quel con. Bon, eh bien il ne me reste plus qu'à rattraper mon erreur.

Je dépose un baiser sur le front de mon ange avant de la reposer tout doucement dans son lit. Je sors un mouchoir de ma poche, toujours penché sur le lit, et le défais d'une main en le secouant. J'essuie ses yeux et son nez, tout doucement, alors qu'elle s'endort. Elle est toute mignonne. Je souris pour moi-même et me redresse sans oublier de la couvrir. On est qu'en avril et l'appart est bien isolé, mais ... on est jamais trop prudent.

Je traverse le couloir, en entendant la télé allumée. Mon frère est sur le canapé, étalé comme à son habitude. Pourtant je vois qu'il s'en veut dans son regard, plus dirigé vers le sol que l'écran d'ailleurs. Moi aussi. Je m'sens moins seul. Je m'accroupis devant lui et prends sa main gauche. Il la regarde, sans bouger.
-« Tommi. » dis-je, d'une voix douce.
Il ne réagit pas. Je ne lâche pas sa main et me relève m'asseyant sur ses jambes avec difficulté vu l'angle d'écartement.
-« Je suis désolé de t'avoir engueulé. C'était rien. » déclarais-je, avant de poser mes lèvres sur les siennes.
J'ai un peu l'impression de l'embrasser tout seul là. Puis je sens ses mains se glisser dans le bas de mon dos et ses bras m'enlacer. Que je l'aime. Nos bouches se décollent avec bruit.
-« Pardon. » dit-il simplement, en me regardant avec culpabilité.
On ne peut pas se disputer longtemps. Depuis toutes ces années, c'est devenu impossible et la plupart du temps nous nous excusons en même temps. Ma main caresse sa nuque. Un sourire malicieux apparaît sur mes lèvres, alors que je lui susurre :
-« Je sais que tu ne peux pas lui résister. »
Il ouvre la bouche, feignant un outrage, puis m'embrasse doucement.
Un grand enfant. Lunatique qui plus est.

[ . . . ]

-« C'est bon les gars, vous pouvez terminer. »
Oh mein gott, enfiiiin ! Je saute de mon siège, arrache littéralement mon casque, puis réajuste ma casquette en laine et me jette hors de ma salle d'enregistrement. Elle me manque trop. Tellement que j'arrivais plus à me concentrer, c'est pour dire.

Je traverse le grand couloir beige et passe devant la salle d'enregistrement musique sans même m'arrêter pour attendre Tom. Trop impatient de pouvoir la serrer contre moi. Je prends un tournant et tombe nez à nez avec ma maquilleuse, Luna. Elle me sourit et me tend la petite chose que j'étais venu chercher.
-« Oh, ma puce tu m'as manqué. » dis-je en pressant son petit corps contre moi, une main sous ses fesses pour la maintenir.
-« Calme toi, tu vas fusionner avec elle à force ! » déclare t-elle, amusée.
-« Si seulement je pouvais. » répondis-je avec une mine triste.
Nous rions. J'aime beaucoup cette fille. C'est elle qui a proposé de s'occuper d'Erika. Pas qu'elle ait la fibre maternelle mais bon. J'ai confiance en elle. Et puis je n'ai pas l'instinct non plus ce qui n'empêche pas que je sois ... hum, Maman.

Deux grandes mains se posent sur mes hanches. Avant même de me retourner ou sentir son parfum, je sais qui me touche. Effectivement, j'aurais pu deviner par logique. Seules deux personnes me touchent les flancs. Tom et Georg. L'un par tendresse et l'autre pour ... pour .... Ben pour me faire chier hein. Mais je peux le deviner par la constitution de ces mains. Elles ont, et sont, toujours crispées. C'est incroyable. De plus, je ne le sens pas là, mais son épiderme est abîmé par les cordes de guitare. Trop de détails que je retiens. Non pas parce que je suis autiste. Juste parce que je l'aime et qu'il est la moitié de moi-même.

Tom souffle dans mon cou, en murmurant :
-« Merci de m'avoir attendu hein ?! » d'une voix vexée.
Je me retourne et lui lance un grand sourire plein d'amour. Il ne bouge pas pendant quelques secondes. Je vais le faire craquer, je le sais. Je vois des petites rides se former sur son visage, aux coins de ses lèvres et de ses yeux. Il va craquer. Tout à coup, il sourit, puis immédiatement prend une expression désolée. Désolé d'avoir perdu. J'éclate de rire.
-« Roh non, t'exagères ! » dit-il, en pleurnichant.
-« Joue pas à ce jeu là avec moi mon c½ur, tu sais que tu ne gagnes jamais. »
Sa moue devient vexée. Je me colle doucement contre lui et pose un baiser sur sa joue.
-« Allez Tommi, boude pas. » dis-je d'une voix douce, amusé.

Il fixe Erika quelques secondes, puis me fait un regard de chien battu.
Rah, j'ai horreur de ça, il est ... il est trop ...
-« Tu la préfères à moi. » dit-il, détournant les yeux.
Ce qui a pour effet de me les faire écarquiller. Quoi ?! Mais qu'est-ce qu'il raconte ?
Il fait .... Il fait une ... crise de jalousie à sa propre fille ?!
-« J'ai une idée, dit-il en me prenant Erika des bras, nous allons nous liguer contre Maman. Elle est méchante. On va rester que tous les deux, parce que ELLE, elle m'aime au moins. »

Ai-je besoin de préciser que Georg, Luna, Gustav, Mark et David sont hilares ? Devant la scène père-fille ou ma mine déconfite ? Allez savoir. Il pose sa main sur son ventre alors qu'elle le regarde de ses grands yeux noisette, un sourire aux lèvres. Je ne réagis pas vraiment. Je me rends juste compte à quel point mon frère peut être un imbécile heureux parfois.

Pourtant, je sens que quelque chose cloche. Pas dans cette scène, ni dans le comportement de ceux qui m'entoure. C'est Tom. Il y a quelque chose qui le contrarie. Personne ne peut le voir, il a toujours été doué pour cacher les choses qui lui posaient problème. Oh, que oui. Toujours. Même ses sentiments, ce qui fait que si j'avais fait semblant de rien, on en serait pas là. Erika ne serait pas née et nous ne serions même pas ensemble. Qu'est-ce que tu me caches Tom ? Encore quelque chose qui bouleversera notre vie ?



-« Bon allez Biiill ouvre ton cadeau. »
Le jeune garçon aux cheveux noirs tire sur le bout de ficelle qui retenait le papier fermé avec douceur, puis finit par déchirer sauvagement le reste. Des éclats de rire résonnent dans la pièce. Il découvre une petite boite rectangulaire rouge. Personne ne bouge.
-« Alors ? T'attends le déluge ? » déclare Simone, amusée.
Le brun sourit et ouvre sa boite, laissant voir à tout le monde une montagne de bracelets, colliers et bagues de couleur métallique. Bill écarquille les yeux, une bouffée de joie remonte le long de sa gorge tandis que ses pensées se mélangent sous l'effet de l'indécision. Car il va bien falloir choisir parmi tout ça. Il se lève précipitamment et se jette sur sa mère en la couvrant de baisers.
-« Merci-merci-merci-merci-merci-merciiiiiii. »
Simone rie de l'attitude de son fils, et lui rend un baiser contre tous les autres. Toujours aussi excité, Bill attrape une autre petite boite sous le sapin et la pose sur les genoux de sa mère. Les deux autres convives regardent la scène. L'un joyeux et surtout amusé par la situation. L'autre plus passif. Simone ouvre un paquet fermé avec soin, signe que ce n'est pas son fils qui l'a fait. En découvrant l'insigne d'une bijouterie réputée, son c½ur se gonfle d'amour. Non pas que ce soit mieux qu'autre chose. Un bracelet fait main l'avait comblée dans leur jeunesse. Mais depuis que leur célébrité les accaparait, elle se demandait s'ils sauraient trouver du temps pour leur acheter des cadeaux. Elle découvre un collier à la maille finement ciselée, au bout duquel pend un c½ur en or blanc pur incrusté d'une petite pierre blanche transparente, dont elle ne veut même pas connaître le nom. Elle s'apprête à le remercier, quand le collier disparaît de ses mains, happé par la tornade d'excitation qu'est devenu le cadet. Il s'empresse de l'accrocher au cou de sa mère qui sourit, en passant ses cheveux sur le côté. Il se place face à elle, tandis que Gordon émet un sifflement admiratif, empreint de mépris. Comme toujours, Bill peut offrir de plus jolis cadeaux à sa mère que lui. La mère et le fils partagent une étreinte remplie d'amour. Le beau-père tend le bras pour atteindre un autre cadeau sous le sapin et le pose sur les jambes repliées de Tom qui sursaute presque à ce contact. Gordon sourit, et lui fait un clin d'½il.
-« Je suis désolé si ce n'est pas très original, mais c'est difficile de t'offrir quelque chose que tu n'as pas déjà. »
Le dreadeux lui montre un sourire rassurant. Ses mains s'activent sur le gigantesque paquet, dont la forme montre déjà bien ce qu'il peut contenir. Tom le redresse dans le bon sens et découvre le bout de l'objet.
-« Hum, je me demande ce que ça peut être. » dit-il, feignant une grande réflexion.
Tous rigolent devant l'étui à moitié découvert. Puis le dreadé enlève totalement le papier et ouvre la housse de sa future guitare. Ses yeux s'agrandissent de surprise. Il se tourne immédiatement vers Gordon, interloqué. Celui-ci sourit, amusé par le regard étonné de son beau-fils, mais ne répond rien aux questions posées dans les yeux de Tom.
-« Mais tu .... C'est ..., le dreadeux cherche ses mots sans parvenir à finir une phrase, puis demande simplement, ...pourquoi ? »
-« Tu la mérites. »
Tom rougit un peu et s'empare avec délicatesse du manche de la Gibson noire qui vient de lui être offerte.
-« Mais, c'est la tienne. » dit-il, toujours décontenancé.
-« Ne t'inquiètes pas pour moi vas ! » déclare t-il en riant.
Tom admire l'instrument avant de la placer correctement sur lui, et d'en toucher les cordes respectueusement. Bill se rapproche et s'assoit par terre, à ses côtés en souriant. Le dreadé prend quelques secondes pour apprécier le toucher de ses doigts sur les cordes et le manche. Il relève le regard empli de gratitude vers Gordon qui déclare :
-« Joue nous quelque chose, allez ! »
Il glisse sa main dans la housse et en ressort un médiator. Tom lui sourit, attrape le petit morceau de plastique et place ses mains sur la guitare. Tout à coup, une main se pose sur sa cuisse. Il remonte à nouveau son regard, arrêtant chacun de ses mouvements. Bill le fixe, alternativement dans chaque ½il.
-« Joue la partition que tu as écrit. »
Son frère le regarde, tout en plaçant ses doigts encore une fois. Quelques notes résonnent.
-« Non, pas celle-là. »
-« Mais de quoi tu parles ? »
dit-il, d'une voix agacée.
Bill le regarde toujours en souriant. Sourire qui devient malicieux.
-« De celle que tu caches sous ton lit, et que tu joues seulement à trois heures du matin passées. »
Tom pâlit soudainement, sous le regard étonné de leurs parents. Il fixe sa guitare, soupire puis place à nouveau ses mains sur le manche et son médiator près des bonnes cordes. Il joue d'abord tout doucement la mélodie puis en prend le rythme. Ses doigts vont et viennent sur les cordes, automatiquement, mais toujours empreints de sentiments. Comme si il jouait avec son c½ur. Il ferme les yeux, et continue sans s'arrêter. Une voix le fait sursauter. Pourtant il n'arrête pas de jouer.
-« In mir, wird es langsam kalt, wie lang könn' wir beide hier noch sein ? »
Les paroles le font frissonner. Bill a écrit une chanson pour cette musique. Celle qui lui permettait de se libérer de son lourd fardeau, de rêver quelques instants. Il fixe son frère, s'imprégnant de chacun de ses mots, les écoutant avec attention.
-« Bleib' hier, die Schatten woll' mich hol'n, doch wenn wir gehen dann geh'n wir nur zu zweit. »
Elle parle d'eux. Seulement eux deux.
-« Du bist alles was ich bin, und alles was durch meine Adern fließt. »
Cette phrase déclenche en Tom une explosion de sentiments trop forts pour être retenus. De grosses larmes menacent de tomber de ses beaux yeux chocolat. Son c½ur se contracte douloureusement. Tout à coup la mélodie se stoppe, alors que Bill venait de finir sa phrase. Tout le monde fixe Tom avec étonnement. Celui-ci n'a pu retenir ses larmes qui glissent sur ses joues chaudes. Il pose sa guitare dans son étui et prend rapidement la direction des escaliers, fixant le sol pour que personne ne puisse voir sa détresse. Mais Bill la ressent intensément.
-« Mais Tom, qu'est-ce que ... ? »
Simone se lève, inquiète, mais Bill l'intercepte et se dirige vers les escaliers à son tour.
-« Non Maman, ça va ne t'inquiètes pas. On doit parler tous les deux. »
Il grimpe les marches rapidement pour se retrouver face à la porte de la chambre de son frère. Plus très occupée depuis qu'ils sont en tournée sur les routes d'Allemagne. Il ne toque pas, et entre sans prévenir dans la pièce éclairée par les lampadaires de la rue. La silhouette de son frère se découpe dans la lumière. Bill referme la porte derrière lui avec douceur et ne fait qu'un pas vers celui-ci.
-« Alors ? » dit-il dans un murmure.
Tom frissonne, son c½ur bat à une vitesse inimaginable d'après lui. Il n'arrive pas à se dire que son frère lui a tendu un piège. Mais c'est le cas. Il l'a percé à jour. Il a découvert son secret ? Peut-être. La seule manière de savoir c'est d'attendre. Attendre que Bill veuille bien lui dire ce que lui veut entendre. Et les secondes défilent. Dans le silence. Jusqu'à ce que les pas du chanteur produisent un bruit mat, et qu'il soupire une fois assis sur le lit.
-« Dis-moi Tom. Qu'est-ce qu'il se passe ? »
Seul un silence lui répond. Pas même troublé par la respiration du guitariste qui a pourtant du mal à contrôler son souffle court. Il a l'impression d'avoir couru un marathon, de voir la ligne d'arrivée, mais de faire du sur place en donnant toutes ses forces. Comme une course poursuite avec la mort, sans échappatoire.
-« Qu'est-ce qu'il t'arrive ? Je sais que tu ne vas pas bien ... c'est ma faute ? C'est ça ? C'est de ma faute si tu te renfermes ? C'est ma faute si tu ne veux presque plus me parler ... qu'est-ce que j'ai fait ? » dit Bill, la voix tremblante d'émotions.
Tom éprouve à cet instant, un sentiment de culpabilité si fort, qu'il aimerait se jeter par la fenêtre. A cause de son secret, il a fait souffrir Bill. Lui qui voulait au contraire le préserver, a raté son jeu. Maintenant, il ne lui reste que deux solutions : mentir, ou dire la vérité. Presque aussi paradoxales que la mort et la vie, ou encore le bien et le mal. Mais comme dans tout, il y a des nuances. Tom inspire un grand coup, il ne réussit pas à refouler ses larmes et décide de ne pas se retourner. Faible. Il est faible.
-« Je ... ce, ce n'est pas ta faute. Ca ne sera jamais ta faute. » chuchote-t-il, sans forces.
-« Tom. Parle, je t'en prie parle, cette situation me rend dingue ! Tu ne m'approches plus ! Comme ... comme si j'étais un pestiféré. Tu crois que ça me fait plaisir ? Je te vois rire avec les autres, mais moi non. Tu ne me prends plus dans tes bras, tu ne m'embrasses plus le soir ... tu-tu ... tu me manques merde. » déclare Bill d'un trait, qui finit dans un sanglot.
Oui, Tom lui manquait d'autant plus qu'un lien plus puissant qu'il ne le pensait s'était tissé dans son esprit. Ce besoin de contact, câlins et amour n'avait pas grand-chose de fraternel. Pourtant, Bill ne pouvait pas le concevoir autrement. Tom tremble désormais. Convaincu de sa haine pour lui-même, pour la douleur qu'il ressent dans la voix de son frère. N'y tenant plus, il se retourne, découvrant des yeux larmoyants à la lumière blafarde et s'approche doucement de son petit frère. Il s'accroupit, fixant Bill dans les yeux.
-« Tu me manques aussi. » murmure t-il à son double, en posant ses mains sur son visage mouillé par les gouttes salées.
-« Alors pourquoi tu t'éloignes ... ? »
Il espère. Il espère de tout son c½ur que Bill comprendra. Qu'il ne le chassera pas de sa vie comme un monstre anormal et incapable de contrôler ses sentiments. Car c'est le cas. Tom a tenté de rejeter cet amour insupportable qui lui arrache la joie du c½ur. Comment profiter de la vie quand l'être que vous aimez vous est inaccessible ? Vivre ça tous les jours, Tom ne le supportait plus. Et cette phrase dans le texte de son frère lui rappelle trop qu'il ne peut toucher à lui comme il le voudrait. Ne serait-ce que sentimentalement.
-« Parce que je t'aime trop. » déclare t-il d'un souffle mal assuré.
Bill n'attendait que ça en réalité. Et quand ses lèvres ont trouvé leurs homologues, Tom ne pensait plus à rien. La moue de surprise qu'il avait eu s'effaça comme si elle n'avait jamais existé. Bill l'avait mené en bateau depuis le début, il cherchait le bon moment pour le faire craquer. Persuadé depuis toujours que son frère éprouvait ce genre de sentiments à son égard. Ils ne faisaient plus qu'un.
Ce fut le début d'une longue histoire ...






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Voilà la suite. Elle est longue grâce au flash-back surtout.
Mais j'espère que celui-ci vous aura émues.
Je vous fait de gros bisous, en espérant que vous
ne m'en voudrez pas de vous dire que je prends
un peu de distance avec les Fictions et TH.
Parce qu'ils me bouffent la vie, j'essaye de décrocher
raisonnablement, sans les oublier et vous non plus.
Gros bisous,
© Stern_*____________________________

# Posté le samedi 08 mars 2008 08:26

Modifié le dimanche 11 mai 2008 13:58

A r t i k e l * n u m m e r * #12________________________________________________( kapitel zehn )_____

A r t i k e l * n u m m e r * #12________________________________________________( kapitel zehn )_____✖
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________________G e g e n ü b e r * P r o b l e m


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Face au problème _** _* _* _ _ _ _ ____





(POV Georg, puis Tom, puis Bill)




__ __ C'est mignon un bébé. Mais qui a dit ça ?! Pas un parent, ou un baby-sitter, c'est certain ! Vous voyez, j'ai hâte d'avoir une petite amie et tout le reste mais si c'est pour jouer à cache-cache tous les jours en craignant de retrouver le bébé assommé par un balai ou entrain de boire l'eau de javel, je me passerais de procréer.

Rah, mais elle est où ? Je pose un pied dans le salon et en fait le tour dans tous les sens plusieurs fois. Rien en vue. Il a suffit de détourner les yeux quelques secondes pour répondre à un coup de fil pour la faire disparaître. C'est vraiment magique. Elle s'est cachée cette sale bête.
-« Erikaaa, ma puce, ... j'ai pas envie de jouer ... » gémissais-je.
Je traverse la pièce en long et en large encore une fois. Elle ne peut pas être ailleurs. Le salon est construit en rond, et les autres pièces l'entourent en étant surélevées de quelques centimètres. En gros, la seule façon d'y accéder c'est de descendre quelques marches.

Elle a que huit mois, elle peut pas parcourir quinze kilomètres ni monter des marches. Et j'suis même pas foutu de la retrouver. Quel empoté. Je me baisse et regarde sous les meubles. Ah, j'ai peut-être fait une découverte. Je l'entends se bidonner de me faire tourner en bourrique. Okay, c'est promis, je ne ferais, jamais d'enfants.
-« Ca y est, tu m'as bien fait peur, alors reviens maintenant s'il te plaiiit. »
Elle s'avance doucement ... dans le sens opposé. Je vais me tuer. Je ne leur rendrais plus jamais service. Je me relève rapidement, contourne la table et rattrape le p'tit bout qui en sort. Elle se met à rire alors que je la remonte jusqu'à mon visage. Je vois qu'elle est heureuse de m'énerver. C'est miiiignooon. Elle me fait un grand sourire et se met à gazouiller des choses aussi compréhensibles que 'areuh agagapf'. Je vois oui. Il serait temps qu'elle apprenne notre langue. Et je vois au ralenti sa tétine pleine de bave me tomber sur le sweat. Je vais me tuer. En fait ... en fait les bébés sont désespérants.

Elle se désintéresse de ma non-réaction pour regarder son morceau de plastique tomber au sol. Elle gigote pour descendre et le récupérer. Je soupire, m'assois sur le canapé et attrape l'objet avant qu'elle ne le fasse, en la posant sur mes genoux. Elle serait capable d'avaler des poils qui traînaient sur le tapis. Je l'essuie vaguement dans une serviette propre qui gisait sur le fauteuil. On trouve des trucs pas croyables dans cet appart maintenant. J'ai même trouvé un paquet de couche dans ma salle de bains, c'est pour dire.

Je lui mets sa tétine sur les lèvres et elle me regarde avec un air de gratitude profonde. Ou du moins c'est ce que je pense. C'qu'elle peut être fatigante ! Je la dépose au sol. Heureusement qu'on a de la moquette propre. Elle se met à trottiner à quatre pattes autour de la table basse. Quel jeu formidable. Le pire c'est qu'elle se marre quoi. Enfin, en étant la fille de deux abrutis elle peut pas devenir intelligente hein. Du moins pas tout de suite, parce qu'elle peut pas être pire que ses parents. Personne n'est pire qu'eux. La preuve, aujourd'hui ils ont décidé de se faire une petite sortie en amoureux alors c'est Tonton Georg à la rescousse ! Je suis trop gentil je crois.

Bon, quelle heure il est ? Suis-je bientôt sauvé ? Je me déplace de quelques centimètres pour apercevoir le lecteur DVD et son horloge digitale. Quoi ?! Que quatre heures et quart ? Oh mon Dieu, je vais plus tenir très longtemps. Il me faut une occupation. Et sans quitter le salon de préférence, étant donné que les meubles semblent intéressants pour le monstre. Je voudrais bien aller chercher ma basse, mais j'ai peur que la magie ne réopère à nouveau en faisant disparaître la p'tite. Elle passe devant moi, mais elle n'est plus euphorique. Elle se concentre sur son itinéraire, bien que je ne vois pas comment on peut être concentré en marchant à quatre pattes.

Je passe mes mains sous ses aisselles et la remonte. Je veux ma basse et je ne veux pas la perdre des yeux, donc je vais m'assurer d'avoir les deux en main. Elle émet encore un petit son dont seuls, elle et son père ont le secret. Je lève les yeux au ciel avant de me diriger vers ma chambre. J'attrape mon instrument et fait le chemin inverse jusqu'au canapé. Erika regarde la basse comme un intrus qui lui piquerait l'attention. Pauvre petite va. J'espère qu'elle va grandir vite parce qu'être un bébé ça a l'air chiant.

Je la repose au sol mais elle ne bouge pas, son attention focalisée sur le manche et le corps de ma basse. Je ne peux m'empêcher de sourire. En restant avec nous elle va forcément avoir envie de musique plus tard. Je me demande ce qu'elle pourrait vouloir comme instrument. Les filles, ça aime quoi ? Tout. C'est pas comme les gars qui déclarent que le piano c'est pour les chochottes. Bref.

Mes doigts s'animent sur les cordes. C'est mignon de voir comme elle est captivée. Ses yeux sont concentrés sur mes mains, depuis que la première note a résonné. Je joue un petit bout de morceau amusant que mon prof m'avait enseigné dans mes premières années de musique. Elle sourit puis se met à rire, en agitant les bras. Bon ... d'accord elle est mignonne quand même. Mais ça ne suffit pas pour me donner envie d'avoir un petit monstre à élever pour une vingtaine d'années.

Je joue différents styles de musique et vois qu'elle réagit à chaque fois, sauf sur les morceaux calmes où elle écoute attentivement. A vrai dire, ça doit faire une trentaine de minutes que je joue et ça m'étonne qu'elle ne se désintéresse pas du jeu. Je repense au fait qu'elle a été là pendant deux de nos concerts, je crois. Et on peut dire qu'elle les a vécu, puisque Bill n'avait pas voulu annuler la fin de la tournée pour sa grossesse. Elle n'était que dans son ventre mais on dit que les f½tus tentent déjà de comprendre le monde. Moi j'y crois. C'est possible que ça lui ait donné attrait à la musique, si ça lui a plu. Il faudra que je demande à Bill s'il l'a senti bouger d'une quelconque manière.

Je décolle enfin mes doigts des cordes, et les passe les uns sur les autres, massant la corne douloureuse. Je baisse les yeux. Elle a finit par se lasser, et recommencer ses tours. Oui, malgré tout ça ne reste qu'un bébé. On verra dans quelques années pour lui apprendre à jouer de quelque chose. Je dis ça comme si j'étais ses parents mais, je suis persuadé qu'ils voudront qu'elle joue d'un instrument.

Tout ce temps passé ensemble à jouer, faire des tournées, passer sur les plateaux télés, vendre des albums et enregistrer, écrire, composer nos propres chansons ... personne ne peut imaginer ce que c'est sans en avoir vécu l'expérience. C'est tellement fort. C'est gravé à tout jamais en nous, et personne ne l'oubliera. Les gens, les fans, nous oublieront bien sûr. Nous ne serons jamais les Rolling Stones ou les Beatles comme certains ont osé le dire. Nous serons éphémères, même si quelques uns garderont un bon ou mauvais souvenir de nous. Mais aucun d'entre nous n'oubliera cette expérience. Et nous allons tôt ou tard revenir à la vie normale. On est peut-être riches, mais on ne va pas passer nos journées à rien foutre éternellement. Pas moi en tout cas.

Soudainement, un bruit trouble le silence partiel de la pièce. J'entends la porte d'entrée se refermer. C'est bizarre, il n'est que quatre heures trente neuf. Je dépose ma basse sur le canapé et me dirige doucement vers le couloir. Un reniflement me parvient. Qu'est-ce qu'il s'est passé ?!

J'aperçois les jumeaux et leurs visages fermés. Non même pas fermés, décomposés. Tom tient la taille de son frère et a son bras accroché à l'épaule opposée de celui-ci. Bill a l'air ... complètement anéanti ! Je vois les larmes qui roulent sur ses joues, sans en comprendre la signification. Je ne comprends rien ... je, mais qu'est-ce qu'il est arrivé ? J'ouvre la bouche mais Tom me fait signe de me taire. Il me racontera après, je le sais.

Bill se décolle de son frère et se dirige vers le salon à pas pressés. Je ne peux plus le cacher ... la situation m'échappe et me terrorise. Bill ne se met pas souvent dans cet état. Pas pour rien en tout cas. Tom pose sa veste sur le porte manteaux, et le suit. Je fais de même, totalement perdu. Je découvre Bill assis à même le sol, pleurant en serrant sa fille contre lui. Tom reste debout quelques secondes avant de se poster devant lui et de tomber genoux à terre en face de son frère. Il ouvre les bras et Bill s'y blottit sans lâcher la petite qui semble aussi perdue que moi. Les pleurs de sa mère sont contagieux visiblement. Elle sanglote doucement contre ses parents, comprenant certainement que quelque chose ne va pas. Eh bien, elle en sait autant que moi.

Et ils restent longtemps comme ça. Si longtemps que je me sens irrémédiablement de trop, puisque personne ne semble se décider à m'expliquer. Je sais juste que ça ne peut être que grave, ce qui me met dans un état d'anxiété fou. Je vois Tom caresser les cheveux de son frère et lui murmurer certaines choses que je n'entends pas. Mais qui font redoubler les larmes de Bill, apparemment. Qu'est-ce qui s'est passé ? Je ne comprends pas. J'ai beau chercher je ne vois aucune source de problème. Rien que je puisse connaître en tout cas.

Je retiens un soupir et m'éclipse. Que puis-je faire d'autre ? Ils me raconteront le problème quand ils seront en état. Ce n'est pas le cas. Mes pas lourds me dirigent vers la porte de ma chambre, dans laquelle j'entre. Me voilà parti, pour une bonne heure de réflexion en tous genres.

[ . . . ]

Ma main se fixe dans son dos et le caresse de haut en bas tendrement. Je savais bien qu'il le demanderait. J'espérais pouvoir régler le problème. Mais il n'y a rien à faire. Je dépose à nouveau un baiser sur son front et resserre mon étreinte sur ces deux êtres que j'aime plus que tout. Les sanglots qu'ils émettent me brisent le c½ur.

Je ressens toute la culpabilité de mon frère. C'est peut-être le plus douloureux. Mais c'est vrai qu'il a agit bêtement, sans penser aux conséquences, comme toujours. Seulement avec son c½ur, et son instinct. A cette période, il était complètement éprouvé par le secret qu'on cachait au monde entier. Il ne le supportait plus. La première réaction qu'il a eu, c'est de le dévoiler. Ouvrir la boite de Pandore. En créant le bien et le mal, comme dans le mythe. Je ne pensais pas que tout ça irait si loin. Que les gens en profiteraient pour nous avoir, nous faire du mal.
-« .. j-je veux pas ... je veux pas Tommiiii. Je veux pas partiiir j'veux pas partiiiiiiir ! » gémit-il de plus en plus fort.
Ca fait si mal.

Je glisse une main sous Erika pour la retenir au cas où Bill desserrerait sa prise et je le tire avec moi en me relevant. Je m'agrippe à lui et me dirige tout doucement vers le canapé, dans lequel je m'assois. Erika atterrit sur mon ventre tandis que Bill se colle à mon torse, étalé sur le flanc. Et même comme ça, il est magnifique. Ses yeux sont rougis par ses pleurs, et son visage déformé par le désespoir mais il est toujours aussi beau. Je caresse doucement sa joue et tente d'essuyer les larmes, mais en vain, elles sont trop nombreuses.
-« Tommi ... » sanglote-t-il à nouveau.
Je saisis sa taille et ma seconde main caresse doucement les cheveux blonds pâles de ma fille. Ou plutôt de la notre. Son petit corps tremble, j'ai envie de la serrer contre moi. C'est presque irrépressible.
-« Mon c½ur ... » murmurais-je, regardant ses beaux yeux noyés de larmes.
Sans que je m'y attende, ses lèvres heurtent les miennes violement. Je ressens tellement d'émotions à travers cette pulsion. Sa peur, sa détresse, son amour, sa passion, son envie. Tout, Bill en entier. Son baiser est arrêté par un petit gémissement qui nous étonne. Ce n'est pas la première fois que nous nous embrassons devant Erika.

Elle fixe Bill avec effroi et enfoui son petit visage dans ma veste. Ses sanglots s'étoffent. Mon Dieu. On a carrément réussi à lui faire peur. Je jette un regard en coin à Bill dont l'expression désespérée ne s'est pas améliorée. Il tend les bras vers Erika, la soulève et la colle à lui, déposant des baisers sur son front, ses joues et tout autre endroit cutané de son visage. La pauvre vient d'être martyrisée par un baiser trop ... passionné et lui en rajoute une couche. Sentant son corps glisser sur le mien, je le rattrape et créé une douce étreinte autour de lui.
-« Mon c½ur, ça ne sera pas si long que ça. »
J'ai eu tellement de mal à sortir cette phrase. J'ai voulu dire quelque chose de ce genre tout à l'heure et il a explosé en sanglots. Le dernier résultat n'est guère mieux.
-« Bill, arrête de pleurer s'il te plait. Je veux pas pleurer. »
-« Mais ... mais et si ... si, ils nous sé- »

Je pose mon doigt sur sa bouche.
-« Tais-toi, tu vas encore dire des conneries. » dis-je en étouffant un petit rire nerveux.
Je n'arriverais pas à le calmer ce soir. Je le sais. Et de toute façon, ça nous a détruit tous les deux. Lui plus que moi ? Pas sûr. Tant que je savais tout seul, ça n'était pas si lourd, allez savoir pourquoi. Mais ... partager ce ... ce putain de secret ... le faire souffrir c'est ... c'est si dur.

Je ne vois plus le temps passer quand mes yeux se posent enfin sur l'heure digitale rouge du lecteur. Vingt et une heures cinquante six. Je pose un regard sur mes deux anges, blottis l'un contre l'autre, endormis sur moi soit dit en passant. J'avise une petite couverture à nos côtés et l'attrape du bout des doigts, avant de la glisser sur nous. Bill est en t-shirt et l'air ambiant n'a rien d'une canicule.

[ . . . ]

Des gens. Partout. Tout autour de moi. Non, de nous.
Leurs yeux sont remplis de haine. Ils hurlent.
Nous sommes des monstres. Ils crient.
Nous ne méritons pas de vivre. Ils nous crachent au visage.
Nous devons partir loin. Loin d'eux. Loin de leurs enfants parce que nous sommes mauvais.
Contre-nature. C'est ça qu'ils disent. Nous défions les lois de la nature.
La terre se brise sous nos pieds. J'ai peur.
Ils continuent de hurler puis se mettent à rire. Des rires déments de joie.
Parce que nous allons disparaître. Loin d'eux. Comme tous le voulaient. J'ai peur.
Ils ne peuvent pas ... ils ne peuvent pas nous séparer ! Je pleure. Encore et encore.
Je m'agrippe de toutes mes forces à cet être que je chéris plus que quiconque.

Un petit couinement me parvient. J'ouvre les yeux brutalement et l'obscurité est là. Encore et toujours. Où sont-ils ? Je ... non, ce n'était qu'un ... cauchemar. J'ai si peur que ça devienne réalité. Ils ne peuvent pas. Je ferais tout pour que ça n'arrive pas. Ils ne nous séparerons pas. Je sens une petite chose bouger dans mes bras. Erika se débat pour sortir de mon étreinte étouffante, je suppose. J'ouvre les bras, me défait de la couverture qui tombe au sol, referme à nouveau ma prise et me redresse rapidement sans réveiller Tom. Il est trois heures deux. J'ai un goût âcre dans la bouche, pâteux. A chaque battement de cils, je sais que mon maquillage a coulé puis séché autour de mes yeux et entre mes paupières, forçant le passage.

J'en ai marre. J'en ai marre de tout ça. Je ... je ne veux plus qu'on me pose problème. Je ne veux plus que les gens aient le droit de juger. Je ne veux plus de justice, ni de préjugés, ni d'avis, ni d'homophobie. Plus de personnes étroites d'esprit. Plus d'amis qui se disent l'être pour notre célébrité, notoriété ou notre argent. Plus de gens qui pensent tout savoir mieux que nous, pensent que l'argent nous permet de tout avoir, pensent que nous sommes gâtés pourris par la vie. Je n'en peux tout simplement plus. Je ne les supporte pas.

Je veux changer de monde. Je veux partir loin avec les personnes que j'aime et en créer un nouveau sans problèmes, où on vivrait d'amour et d'eau fraîche, où notre fille pourrait grandir sans qu'on la regarde avec haine, dégoût ou pitié. Je vous en supplie, lâchez nous ! Laissez nous en paix ... foutez nous la paix. Laissez nous nous aimer. Qu'a-t-on fait de mal ? Je me suis laissé dire que ce sont ceux qui ne le méritent pas qui sont punis. Je serais peut-être prétentieux, mais je crois que nous ne le méritons pas. On voulait juste s'aimer en paix. La vie ne laisse pas le choix.
La vie est une salope.

Un petit gémissement me fait perdre le fil douloureux de mes pensées. Je me dirige à pas lents dans l'appart, essayant de ne pas cogner un quelconque objet. Je retiens Erika d'un bras contre mon torse, alors que ma main se pose sur la poignée de sa chambre. Quand mon doigt glisse sur l'interrupteur en émettant un clic, deux plaintes résonnent dans la pièce et un petit poing se referme sur mon t-shirt. Je souris pour moi-même, sans m'en apercevoir et m'arrête devant le meuble qui sert de table à langer à mon p'tit c½ur.

Je la pose dessus et machinalement la déshabille, puis détache sa couche, la nettoie, et lui en remet une propre puis un pyjama. C'est devenu tellement habituel. Plus besoin de réfléchir. Je vois ses petits yeux se fermer puis se rouvrir à plusieurs reprises. Je la soulève encore et la dépose dans son lit. Elle mangera demain, un peu plus tôt. Là elle va s'endormir avec le biberon dans la bouche si je lui donne. Je regarde ses traits se détendre et sa bouche s'entrouvrir puis se refermer. Elle est belle. Plus que tous les autres bébés. Et je ne dis pas ça parce que je suis sa mère. Son petit visage rond et ses grands yeux noisette feraient craquer n'importe qui. Ce qui m'effraie sans que je sache pourquoi. Par peur qu'on me l'enlève certainement.

Je m'autorise une dernière caresse sur sa joue et quitte la pièce. Un soupir m'échappe. Ma vie vient d'éclater en morceaux. Comme ce jour où nous avons appris que nous signions un contrat avec Universal. Mais cette fois ça ne me remplit pas de joie.

Ma vue s'étant réhabituée à l'obscurité, je me dirige à nouveau vers le salon. J'aurais pu dormir dans la chambre, effectivement. Mais pour rien au monde je ne raterais une seconde avec Tom. J'ai trop peur. Une de mes mains glisse sur ma joue et l'autre la rejoint au niveau des yeux. Je souris en voyant la position dans laquelle j'ai fait dormir mon frère. Il va avoir un mal de chien en se réveillant.

Je me baisse et pose mes mains sur ses hanches, le redressant doucement en évitant de le sortir de son sommeil. Il émet un petit grognement mais n'ouvre pas les yeux. Je ramasse la couverture, me réinstalle entre ses jambes et glisse mon visage dans son cou. Il sent si bon. Je ne peux m'empêcher d'y déposer un baiser. Ils n'ont pas le droit de nous séparer.
Je ne sais pas de quoi je serais capable si c'était le cas.





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Edit du 23 mai à 12:40 :

Bonjour les filles =)
Mercii à toutes celles qui ont fait l'effort
de poster un petit commentaire pour
m'encourager, j'en ai bien besoin.
Sachez que j'ai écrit le chapitre suivant
et que je commence déjà la suite.
Donc, dans un mois, le BAC, la Journée
d'Appel et un concert de piano et de guitare
à donner, tout ça sur une période de 5 jours.
Besoin de courage quoi --' bisous à toutes
© Stern_*______________________


# Posté le dimanche 11 mai 2008 13:22

Modifié le vendredi 23 mai 2008 06:39

A r t i k e l * n u m m e r * #13________________________________________________( kapitel elf )_____

A r t i k e l * n u m m e r * #13________________________________________________( kapitel elf )_____✖
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_______________________S c h e i d u n g


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Séparation _** _* _* _ _ _ _ ____





(POV Tom, puis Bill, puis Tom)




__ __ -« Quoi ?! »
Son cri résonne dans toute la pièce, avec une puissance inégalée. Je glisse ma main dans la sienne et la serre doucement. J'espère qu'il ne va pas hurler encore. Ca ne ferait qu'aggraver les choses. Je vois ses yeux luirent et des larmes emporter son maquillage, laissant de petites traînées noires sur leur passage. Sans que je m'y attende, il se colle brusquement à moi. Si fort, que j'ai l'impression qu'on réussirait à fusionner. Son visage dans mon cou, je sens les gouttes salées rouler sur ma peau. Je l'enlace et caresse son dos en fixant l'homme, qui nous fait face, avec tristesse. Il n'y est pour rien.
-« Ecoutez Monsieur Kaulitz. Ca ne sera qu'un temps. Je vous appellerais dans quelques jours pour vous dire quand aura lieu le pro- »
Bill se retourne soudainement et lui lance un regard noir.
-« Vous n'avez pas le droit ! »
Sa voix est tremblante de rage, je l'ai rarement vu dans cet état. Ca me fait si mal. Notre avocat, Maître Gerecht, a l'air désespéré devant l'attitude de Bill. Pourtant, je suis persuadé qu'il voit des cas bien pires ... non ? On ne peut pas être des monstres. On ne l'est pas.
-« J'ai tous les droits, y compris celui de ne pas vous défendre. »
Je frissonne. C'est un très bon avocat, on ne pourrait se passer de lui. Il continue, tentant de calmer Bill visiblement.
-« Ce n'est pas moi qui ait posé cette injonction. Si j'ai accepté de vous aider, ce n'est pas que pour l'argent et je ferais de mon mieux pour réparer vos erreurs. »
Je sens mon frère tressaillir contre moi. Oui mon c½ur, tu as commis une erreur. Prise sur un coup de tête. Mais maintenant il n'est pas trop tard. On arrivera à se sortir de là. Le maître répète les conditions dans lesquelles nous devrons nous trouver jusqu'au jugement.
-« Vous ne devez pas vous voir durant la période qui précédera le procès, ce qui inclue le fait de ne plus vivre ensemble bien entendu. Si vous passez outre à ses règles, tout ne sera que plus compliqué, vous comprenez Messieurs Kaulitz ? »
On ne pourra pas se voir. Sûrement pendant des mois. Il est encore à coté de moi, qu'il me manque déjà. Bill acquiesce doucement contre moi, je sens toujours son corps tremblant entre mes mains. Maître Gerecht poursuit.
-« Je vous préviendrais le plus rapidement possible de la date du procès. En ce qui concerne votre fille ... qu'avez-vous décidé de faire ? »
Bill s'apprête à ouvrir la bouche, mais je le devance.
-« C'est Bill qui la gardera. »
Il se tourne vers moi avec, dans le regard, une tristesse insupportable. Je sais ce qu'il se dit à cet instant. Il aurait aimé qu'on la garde chacun notre tour, mais il sait très bien que je suis incapable de m'en occuper sans lui. Et je sais aussi que je vais rater des moments de sa jeune vie que j'aurais aimé voir. Mais je n'ai pas le choix. Je ne veux pas la garder. Même si ça peut paraître inhumain, je ne me suis jamais senti aussi faible qu'avec elle. Je ne sais rien faire que la faire pleurer. Je stresse tellement que je n'arrive même pas à me souvenir des horaires auxquels elle doit dormir. Je ne sais jamais quand elle pleure, si elle a faim, envie de dormir, veut un câlin ou seulement une présence. Je ne sais rien. Je ne sers à rien avec elle. Et je préfère ne pas séparer Bill d'Erika puisque je sais qu'il ne le supporte pas. Et c'est aussi ça qui l'empêche de protester à cet instant. Il ne veut pas qu'on lui enlève, même si c'était pour venir avec moi une semaine par mois. Maître Gerecht me regarde avec insistance avant d'approuver et de noter quelques indications sur une feuille pré imprimée.
-« Je ne suis pas d'accord. »
La phrase est prononcée avec tellement d'assurance que l'avocat sursaute. Je plonge mes yeux dans ceux de ma moitié, étonné qu'il ait opposé résistance. Je pensais sérieusement qu'il accepterait, même si ça lui fait de la peine. Mais toute la prestance que dégageait son visage quelques secondes plus tôt s'efface et tombe comme un masque, pour laisser place à une douleur si forte que j'ai comme l'impression de me prendre un coup de poing dans le ventre. Il souffre. Je le fais souffrir. Comme si ça ne suffisait pas. Mais qu'est-ce que je pouvais faire d'autre ? Tu ne comprends pas mon ange ... j'ai peur. Peur de ne pas savoir m'y prendre. Peur de faire quelque chose de travers. Peur de ne pas être un ... un bon père. Alors que toi tu ... tu sais toujours tout faire avec elle. Elle sourit tout le temps dans tes bras, pour pleurer dans les miens. C'est moi le problème, Bill. Je ne veux pas la garder. Je t'en prie garde là. On se verra après. Elle sera plus grande et peut-être qu-
-« Je veux qu'on fasse une garde alter- »
-« Non ! »
criais-je, paniqué.
Bill me regarde, blessé et perplexe. Il ne comprend pas. Comment pourrait-il ? On n'en a jamais parlé parce que je ne lui ais jamais dit. Mais il sait très bien que je n'y arrive pas avec elle. Ou peut-être qu'il ne ... s'en est pas aperçu ? Mon c½ur se serre devant son regard accusateur.
-« Excusez-moi mais, je me vois dans l'obligation de noter ce point immédiatement. Que choisissez-vous ? » intervient Gerecht, pressant mon rythme cardiaque au maximum.
Je vois dans le regard de mon frère que l'heure des explications a sonné. Et je ne veux paaaas. Encore moins devant un avocat plus avare qu'il n'y parait. Bill se rapproche de mon oreille dans laquelle il murmure :
-« Qu'est-ce qu'il se passe Tommi ... ? Tu ... tu veux te débarrasser de nous ? »
Sa voix se brise faiblement et je devine des larmes dans ses prunelles. Comment peut-il oser dire ça ? ... En tentant de comprendre, c'est tout. Il n'a rien vu alors. Il n'a pas compris que je n'étais pas à l'aise avec ma propre fille. Pourtant je l'aime, autant que lui. Mais je ... je bloque. Je n'y arrive pas. C'est plus fort que moi. Ma main se pose sur sa joue et mes lèvres cherchent les siennes. Je m'en fous de l'avocat qui doit nous regarder avec gêne. Sans dégoût puisque j'ai cru comprendre qu'on ne le répugnait pas. Mais que serait-il prêt à faire pour les milliers d'euros qu'on va lui offrir ? Je l'embrasse avec tendresse, peinant pour faire passer le plus de sentiments possibles à mon double. Celui qui devrait me comprendre comme personne. Mais qui n'y parvient pas ... ou plus ? Mais qu'est-ce qu'il nous arrive mon c½ur ? Qu'est-ce qui nous sépare ? J'ai si peur de te perdre. Je relâche ses lèvres et frotte doucement mon nez contre le sien, en regardant ses yeux ravagés par l'eyeliner qui ne devait visiblement pas être waterproof, ou j'n'sais quoi.
-« Jamais je ne ferais ça mon c½ur. Vous êtes toute ma vie. » chuchotais-je, ayant la vague impression d'un remake de film à l'eau de rose.
Je le vois chercher une preuve du contraire dans mon regard. Pourquoi on ne s'accorde plus une confiance aveugle ? Qu'est-ce qui nous a changé ?
-« Alors pourquoi tu ne veux pas la prendre ? » me demande t-il, toujours aussi perplexe et perdu.
Qu'est-ce que je peux dire ? Je sais que l'avocat cupide nous écoute toujours, impatient de pouvoir prendre un autre client et faire sa pause déjeuner.
-« Je ... je ... » bégayais-je.
Je suis coincé. Il m'interroge du regard, l'air inquiet. C'est vrai, je ne sais pas lui donner de réponse. Que peut-il bien imaginer ? Quelle impression je lui donne, là tout de suite ? Celle de vouloir me débarrasser d'eux. Exactement. Une idée débile. Je vais déjà avoir du mal à me passer de leur présence pendant plusieurs mois. Mais ... comment peut-il croire que je ne l'aime plus ? Je n'ai jamais aimé personne aussi fort que lui, je ne pourrais pas vivre s'il n'était pas à mes côtés chaque jour pour me donner la force de me lever. Et Erika ... elle, elle a bouleversé notre vie mais, de là à croire que je ne veux pas d'elle et que je ne l'aime pas. C'est chercher très loin quand même. Je l'aime, comme Bill. Elle est une partie de nous et c'est ... un miracle sur pattes. Jamais je n'aurais cru voir mon frère dans cet état par ma faute. Je suis responsable, de lui et d'elle. Mais là, je ... je ne peux pas. Je me lance, la voix tremblante.
-« Bill je ... je ne saurais pas m'en occuper ... tout seul. » murmurais-je doucement, en baissant les yeux pour couronner le tout.
Il ne répond pas, et j'ai ... peur d'affronter l'expression de son visage. Pourtant, en le regardant, je vois un petit sourire étirer ses lèvres. Pourquoi est-ce qu'il sourit ?! Il trouve ça drôle peut-être ? Ah, en fait je sais ce qui l'amuse, c'est que je sois plus faible que lui. Je le suis souvent, bien sûr. Mais il est rare que je l'admette. Je sens la chaleur accaparer mes joues. Putain, je suis entrain de rougir. Fais chier !
-« Tommi ... tu n'as pas tant de mal que ça ... »
Sa phrase sonnait comme une affirmation, pourtant je vois dans ses yeux qu'il se pose des questions. Il caresse ma joue. Je sais que je n'y arriverais pas. Je n'ai pas envie d'engager quelqu'un pour s'occuper de ma fille, juste pour que je puisse l'avoir avec moi. Je préfère encore qu'elle reste avec Bill. Je hoche la tête, lui signifiant que si, en détournant les yeux. Faible. Je suis faible. Et j'ai honte. Il a l'air étonné.
-« Ça... ça ne sera pas long, et peut-être que ... je sais pas, Georg pourra me l'amener de temps en temps. Ça passera vite. » dis-je tout doucement, en fixant mes yeux dans les siens.
Il n'est pas convaincu que ce soit la bonne solution. Je sais. Ça ne l'est pas normalement. Mais moi je ne peux pas faire autrement, pardonne moi mon c½ur. Ses yeux me fixent, cherchant impitoyablement une faiblesse qu'il pourrait abattre pour me persuader. Mais il n'en trouve pas. Je suis trop sûr de moi à cet instant. Un sourire triste étire mes lèvres et il soupire. L'avocat nous coupe dans notre contemplation mutuelle en émettant un raclement de gorge sonore. Le genre de truc qui vous donne envie de frapper. En tout cas là, j'en ai l'envie. C'est un moment important, il n'a pas le droit de nous gêner comme ça. Un murmure dans mon oreille me tire de mes pensées mauvaises.
-« Tu es sûr ... ? »
Je caresse le bas de son dos avec douceur et m'approche à mon tour de son oreille.
-« Plus que jamais. »
A nouveau il soupire, et je sais que j'aurais droit à de vifs reproches pendant les mois à venir. Il se tourne vers Maître Gerecht. Il le regarde avec une haine indescriptible qui moi-même, m'aurait effrayé. Comme s'il était la raison de tous nos malheurs. En réalité ... c'est seulement sa faute. Et la mienne. Je n'aurais pas du céder. Mais ... que pouvais-je faire d'autre ? Il ouvre la bouche et prononce, complètement à contrec½ur :
-« Je ... j'aurais la garde d'Erika. »
Ses yeux, déjà bien martyrisés, s'embuent de larmes encore une fois. J'attrape le bout de ma manche et essuie tendrement celles qui menacent de couler sur sa peau satinée. Il se colle à moi, enlaçant ses bras autour de ma taille, sa tête reposant dans mon cou, alors que l'avocat acquiesce, visiblement pressé d'en découdre. Quelques secondes de silence passent, tandis que je sens les doigts de Bill jouer avec une de mes dreads. Il a beau dire qu'il trouve ça sale, il ne s'empêche jamais de les toucher. De toute façon je suis propre, moi. Gerecht se lève enfin, et je pousse lentement mon frère pour qu'il quitte mes jambes.
-« Bien, nous en avons terminé. Je dois cependant vous avertir de quelque chose qui, j'en ai bien peur, ne vous fera pas plaisir. » dit-il, l'air gêné.
La main de Bill tremble dans la mienne. A moins que ce ne soit l'inverse. Ou les deux, chose encore plus probable. Il se racle encore la gorge.
-« La ... hum, l'injonction s'applique ... dès maintenant. »

[ . . . ]

La lumière du réfrigérateur m'aveugle, et il est quatre heures quarante six. Et je reste là. Debout devant ce truc qui commence à me glacer. Je soupire. Après tout je ne sais même pas pourquoi je suis là. Je n'ai absolument pas faim. C'est juste que ... je m'ennuie. Je veux me changer les idées. Je ne sais plus quoi faire pour essayer de l'oublier quelques secondes. Il me manque tellement. Et ... le pire dans tout ça ... c'est que ça ne fait qu'une semaine qu'il est parti. Je referme la porte et me frotte les yeux. J'ai besoin de dormir. C'est la troisième nuit où je fais des insomnies. Comment veulent-ils que je tienne le coup ? Comment ont-ils pu séparer des frères jumeaux ? Quelle bande de ... de ... Je trouve même pas d'insulte assez horrible pour les nommer. J'ai besoin de lui. Je sens que je vais encore péter un câble. Mon c½ur bat la chamade. Comme s'il lui manquait quelque chose et qu'il ne pouvait battre normalement. Alors ... ça va me tuer ? Mes pas m'ont conduit jusqu'au salon. Un rayon de lumière provenant de l'extérieur projette un éclat qui parvient à mes yeux. Mon portable. Je ma rapproche et le regarde pendant de longues minutes. Je finis par appuyer sur une touche, au hasard. Evidemment, ma douleur s'accroît quand je vois le fond d'écran. Une photo de nous trois. Comme toujours, Tom faisait l'abruti dessus. Je ne peux retenir un sourire. Il tient Erika dans ses bras. Elle avait sept mois je crois. Et moi je m'étais collé à son dos, ma tête posée sur son épaule, mes bras autour de sa taille. C'est Georg qui l'avait pris. Cet imbécile disait qu'on ressemblait à une famille de série télé. C'est vrai ... c'est si courant de voir deux frères jumeaux et une petite fille ensemble, sans penser que celle-ci est leur soeur. Je vois flou. Ma peau frissonne au contact de mes propres larmes. Cette simple photo me brise le c½ur. C'est horrible. Tout à coup, la photo disparaît pour laisser place à un nom : Tom. L'appareil n'émet aucun son, mais continue de vibrer dans ma main. J'ai envie. Bien sur que j'ai envie de répondre. Mais ... je, je n'arriverais plus après, je ... je vais encore pleurer sans pouvoir m'arrêter ... Mes doigts tremblent puis mon pouce appuie faiblement sur le téléphone vert, tandis que ma main le porte à mon oreille. Je suis trop en manque. Je ne sais pas ce que j'aurais fait s'il nous était interdit de nous parler.
-« Bill ? » dit doucement, cette voix que j'aime plus qu'aucune autre.
Je souris et m'imagine l'expression que son visage pourrait avoir à cet instant.
-« Tu me manques. » est la seule chose que je trouve à répondre. Je devine qu'il sourit tristement.
-« Toi aussi. »
Un long silence accueille sa réplique. Ma main gauche trouve les larmes qui glissent sur mon menton.
-« Alors comme ça on ne dormait pas ? » dit-il d'une voix que l'on pourrait qualifier, d'amusée.
Pourtant je sais que ça ne l'amuse pas du tout. Il sait très bien que je n'arrive pas à dormir sans lui, et je pense que c'est également son cas. Mais Tom a toujours su détourner ses sentiments et ses pensées pour nous donner l'envie de vivre et de ne pas se morfondre. Je le connais par c½ur, et pourtant je n'arrive toujours pas à le comprendre.
-« Non, mais toi non plus. Je te signale, que c'est toi qui m'a appelé. »
-« Et ... ? C'est toi qui m'a répondu, Monsieur je-sais-tout. »
énonce t-il, vexé.
Je ris doucement. Il me manque. J'aimerais tellement le serrer dans mes bras. Cette barrière, qu'ils ont construit entre nous, me rend malade. Et ce stupide avocat qui n'appelle pas. J'ai envie de savoir dans combien de temps nous pourrons nous revoir, mais je sais que je n'apprécierais pas ce que je vais entendre. Peu importe le nombre de semaines où je devrais être séparé de lui, ça sera toujours trop. Je ne peux retenir ce sentiment insupportable qui me ronge intérieurement et un souffle saccadé entrouvre mes lèvres. Les larmes se font plus nombreuses. Je savais que je n'aurais pas du répondre. J'aurais pu lui dire que je dormais ... ou que je n'étais pas près de mon portable. Je retombe sur le canapé et m'y enfonce. J'ai envie de sentir sa peau contre la mienne. Sa voix ne me suffit plus.
-« Mon c½ur ... ? J'espère que tu ne pleures pas. »
-« Si. »
répondis-je, dans un sanglot étouffé.
Je me recroqueville sur moi-même, calé dans un coin de canapé.
-« Bill ... » dit-il, dans un souffle.
-« J'ai besoin de toi ! » gémissais-je, peut-être un peu fort.
Il soupire.
-« Moi aussi mon c½ur, mais- »
-« Je suis désolé. »
dis-je, en sanglotant pitoyablement.
Oui, c'est ça que je suis. Je suis pitoyable. Nul, débile, con et tous autres termes éloquents. Je ne sers à rien. On avait réussi à tout surmonter depuis la naissance de notre couple et je ... je, j'ai tout dit, à tout le monde. Alors que je savais très bien ce que pensait la justice de nous. Je m'en veux tellement. Je suis si stupide !
-« Bébé ... arrêtes s'il te plait. Ca ne sert à rien de ruminer tout ça. C'est fait. On n'y peut plus rien. Il faut que tu ailles de l'avant, pense que grâce à ça je ne t'ai pas dit de ... d'abandonner Erika. Pense que bientôt on pourra se revoir. Et ... qui te dit que le jugement nous séparera plus longtemps ? Je suis sûr que tout ira mieux après. »
Tom et sa façon de positiver. Je ne parviendrais jamais à le changer. Mais c'est tant mieux. Il a toujours les mots qui me réconfortent.
-« Et puis après tout ça ... on pourra faire l'amour des millions de fois, on vivra heureux et on aura beaucoup d'enfants. »
Quelques secondes passent dans le silence. Bien sûr il ne sait pas que je souris, ni que je me retiens de rire tant bien que mal, pour ne pas le laisser gagner à son petit jeu.
-« Erm ... Billou ? Roh, allez ... c'était pour rire. Mmh, t'es pas marrant. » dit-il, comme renfrogné.
Finalement, sa technique marche, car je n'imagine que trop bien sa petite moue et j'éclate de rire. Mais je sais que malgré ses efforts, mon rire sonnera obligatoirement faux. S'il n'est pas à mes côtés, je ne peux pas être heureux. Même si c'est avec lui que je parle. Au fil des années, le contact physique a pris beaucoup d'ampleur dans notre relation. Si bien que je ne peux plus m'en passer. Et là, en l'occurrence, j'en ai besoin. Je cesse de rire, et sens les larmes revenir à mes yeux. Je ne peux pas m'en empêcher. Il faut toujours que je sois négatif. Je sais que je lui fais de la peine en plus. Il fait tout pour que je me sente le mieux possible et refoule lui-même ses sentiments, je le sais, je le sens. Et tout ça, toujours pour moi. J'émets un soupir qui ressemble bien plus à un gros sanglot.
-« Bill s'il te- »
Il n'a pas le temps de finir sa phrase que des pleurs se font entendre. Ceux de mon p'tit c½ur. Je sens le mien se serrer. Le portable toujours collé à l'oreille, je traverse l'appartement dans le noir complet sans me cogner nulle part. Tom ne dit rien, il écoute. Il sait que je vais m'occuper d'elle, et il veut l'entendre, même s'il n'a pas un quelconque intérêt à continuer la conversation en solo. Ma main enclenche la poignée rapidement, et j'entre dans la pièce où ses cris résonnent. Je l'ai réveillé, je savais bien que j'avais parlé trop fort. Mes yeux, déjà habitués à l'obscurité, me montrent sa silhouette, assise et recroquevillée dans son lit à barreaux. Son petit corps tremble, sous les secousses de ses sanglots. Je me rapproche du lit et me baisse en attrapant sa taille de mon bras droit, tandis que je tiens mon portable de ma main libre. Elle se retrouve collée à mon torse, et se blottit contre moi avec force. C'est dans ces moments là que ma peine se dissous. Parce que même si je ne suis pas un parent modèle, elle m'aime et je le sens. C'est comme avec Tom. Un lien invisible. Je ne sais pas si c'est ce que ressentent toutes les femmes qui ont un enfant, mais pour moi c'est le cas. Je me glisse doucement jusqu'au canapé qui trône dans la chambre, où je m'assois. Nous l'avions installé pour pouvoir jouer avec elle plus facilement. Le téléphone tombe sur le tissu sourdement, dans le mauvais sens en plus. Je pose Erika, sur mes genoux, qui chute immédiatement sur mon ventre. Ses petites mains s'accrochent à mes flancs, tandis qu'elle continue de pleurer doucement. Je lui ai fais peur. La preuve que je ne suis pas un parent parfait. J'attrape le portable et le porte à mon oreille à nouveau.
-« Tommi ? »
Ma voix tremble encore, mais ça devrait passer. Quand je suis avec Erika, je me sens moins seul.
-« Qu'est-ce qu'il s'est passé ? » demande t-il, visiblement inquiet.
Stupidement, je rougis.
-« Euhm, je ... j'ai du la réveiller en criant, je ma racle un peu la gorge, je vais mettre le haut-parleur, comme ça tu pourras la consoler aussi. » dis-je, tendrement.
J'essaye par tous les moyens de mettre Tom à l'aise avec notre fille, mais la distance n'aide pas. J'aurais du m'y prendre avant, mais ... je n'avais pas entièrement remarqué ce problème. Je savais bien que Tom n'était pas très doué, mais de là, à ce qu'il se sente carrément mal avec elle ... On en a reparlé après ... notre séparation officielle. Je l'ai appelé cette nuit là, et on a discuté. Longtemps, jusqu'à l'aube, voire plus. Ca m'a fait du bien et en même temps mal, parce que je me rendais peu à peu compte que je ne pourrais pas le revoir avant un temps, qui me paraîtrait forcément, infini. Je l'entends bafouiller à l'autre bout du fil, un oui pratiquement inaudible. Je me retiens de soupirer pour ne pas lui avouer ma déception. S'il ne fait pas d'efforts, comment veut-il que ça aille mieux ? Une fois le haut-parleur activé, je repose le portable près de nous et caresse doucement le dos de mon p'tit c½ur qui est encore serrée contre moi. Je la soulève un peu, passant une main sous elle, et dépose un baiser sur son front, puis passe mes doigts dans ses courts cheveux blonds.
-« Je suis désolé ma puce, je ne voulais pas te faire peur ... chuut, ne pleure plus. » murmurais-je, en guise d'excuses.
Je masse doucement son petit corps fatigué et souris en entendant ses pleurs diminuer. Même après tout ce temps, presque un an et demi d'existence, j'ai encore du mal à réaliser que j'ai mis au monde une petite fille, moi qui à l'origine étais un garçon. C'est assez ... effrayant, plutôt grisant désormais. Je suis heureux de l'avoir, non plus qu'heureux. Mais je me suis créé une autre dépendance en la concevant. Parce que maintenant, je dois avoir Tom et Erika pour me sentir bien. Elle n'a que huit mois et pourtant, j'ai déjà peur du moment où elle sera majeure et partira. C'est complètement stupide, je réfléchis trop. Mes mains continuent leur chemin sur sa peau et à travers son pyjama. La voix de Tom me fait presque sursauter, tirant un petit cri de stupeur à Erika qui commençait à s'endormir sous mes caresses.
-« Je ... je peux te laisser, tu t'en sortiras très bien tout seul ... je vais ... essayer de dormir. »
Et ça fait mal, une lame enfoncée dans mon c½ur. Tom ... pourquoi tu ... tu ne veux pas faire d'efforts ? Pourquoi tu ne tentes pas d'être proche d'elle ? Je sais que même si elle est encore petite, ça va être dur. Elle ne comprendra pas pourquoi tu n'es plus là. Ne crois pas qu'elle ne remarquera pas ton absence. Tu n'es peut-être pas très doué mais tu as passé beaucoup de temps avec elle, elle s'en souviendra très bien. Et si tu veux que quelqu'un te l'amène de temps en temps, ça ne sera que plus difficile. On va au devant d'éreintants problèmes, Tommi. Et tu me manques déjà tant.

[ . . . ]

La clef tourne dans la serrure avec un cliquetis désagréable. Je passe la porte blanchâtre de mon nouvel appart. Enfin, nouvel ... depuis déjà quatre mois. Mes pas m'entraînent vers le salon, mais je dévie sur la cuisine. J'ai choisi petit. Pas besoin de m'encombrer. Si on doit payer des sommes extravagantes, autant pouvoir le faire que devoir emprunter. Les pièces sont plongées dans un noir doré. J'n'ai même pas pris la peine d'allumer la lumière. Celles de la rue me suffisent. Je crois que je vis dans l'obscurité, depuis le début. Je lance mes clefs sur le comptoir où elles glissent bruyamment, et j'attrape une bière dans le frigo. Putain, j'ai la mauvaise impression d'être devenu un célibataire endurci. Oui, mais derrière moi, j'ai une petite fille et un petit ami. Qu'on m'interdit de voir. Je souffle et m'assois dans mon canapé, la télécommande en main. Une fois la télé allumée, j'appuie sur un bouton au hasard. Publicité. Comme toujours, il y a des choses qui ne changent pas. J'enlève mes chaussures sans me servir de mes doigts, qui eux, tirent sur le bout métallique et délivre enfin la boisson qui me permettra d'oublier un peu toute cette histoire. Je porte le goulot à mes lèvres et me délecte de son goût quelques instants. Mais à peine ais-je commencé que des souvenirs remontent à la surface. Encore une fois, j'entends Bill me dire d'y aller molo sur l'alcool. Toutes ces petites phrases qu'il me répétait inlassablement, je les connais par c½ur. Et je les entends constamment. Le pire, c'est certainement de se réveiller parce que vous croyez entendre votre fille pleurer dans la nuit. Ca m'est arrivé trois fois déjà. Pourtant, ça fait bien longtemps qu'Erika ne pleure plus la nuit. Mais ce sont des souvenirs que j'ai ancré en moi de peur de les oublier. J'en suis arrivé là, oui. Je soupire et bois une seconde gorgée, l'½il braqué sur l'écran où défile des images toutes plus bêtes les unes que les autres. Inconsciemment, mes doigts trouvent à nouveau la télécommande et pressent le bouton qui change les chaînes. Une publicité, un feuilleton stupide, les infos, la pub, la série, les infos, la pub, la pub ... pareil. Tout est pareil. Et personne ne prend le temps de se pencher sur la vraie vie des gens. Pas ces idioties qu'on nous montre avec joie, ces séries de familles heureuses et unies quoi qu'il arrive. Parfaites. Nous ne sommes pas une famille parfaite. Même pas dans les normes. Nous sommes deux garçons. Nous sommes frères. Nous sommes jumeaux. Et nous sommes des Stars. Comment notre vie aurait-elle pu être belle ? J'aurais du le voir dès le début. On a tout raté. Tout. Bientôt, nous n'aurons que la honte, le dégoût des gens et puis rien d'autre. On ne nous embauchera nulle part parce que nous serons trop connus et méprisés. On aura plus d'argent, on nuira à la vie de nos amis qui seront apparentés à nous-même. Voilà ce qu'on a fait de notre vie. On l'a gâché. Je sens cette saloperie de larme qui roule sur ma joue. Ils me manquent. Terriblement. Je suis entrain de rater les plus jolis instants de la vie de ma fille. J'ai failli déclencher une dépression chez Bill parce qu'il n'avait rien pour filmer Erika quand elle a fait ses premiers pas. Je me rappelle encore cet horrible coup de fil qu'il m'a passé après en s'excusant des milliers de fois alors qu'il n'y était pour rien. Une autre gorgée, et un soupir. Je me redresse et attrape mon portable dans ma poche, coupant le son de la télé et posant ma bière sur la table basse. Il est minuit et demi, je peux appeler. La tonalité me répond comme une vieille amie. Une amie un peu trop longue à partir. C'est déjà le huitième coup ... en général Bill ne met pas longtemps à répondre et, à cette heure là je suis quasiment certain qu'il ne dort pas.
-« Allo ? »
Ce n'est pas Bill.
-« Katia ?! » m'écriais-je, étonné.
Qu'est-ce qu'elle fait là ? Il est arrivé quelque chose à mon frère ?!
-« Salut Tom. » dit-elle, d'une voix douce.
-« Qu'est-ce qu'i s'passe ? Où est Bill ? » demandais-je, toujours inquiet.
-« Ca va, ne stresse pas comme ça. Il va ... bien, dans la limite du possible. » dit-elle, calmement.
Comment peut-elle être aussi calme ? Elle me répond tout tranquillement que Bill va bien 'dans la limite du possible'. Je vais la tuer, j'ai déjà des envies de meurtre. Cette fille ... mais qu'est-ce qu'elle m'insupporte. Je n'ai jamais compris comment Bill pouvait l'aimer.
-« Mais-mais ... Katia putaiin dis-moi ! » m'emportais-je.
-« Tom, si tu ne me parles pas autrement, tu peux te foutre ta réponse là où je pense ! Il est minuit passé, tu appelles comme ça, ce n'est pas plutôt toi qui devrait fournir des explications sur ton coup d'fil ?! » dit-elle, colérique, à voix basse.
Je, n'en, reviens pas. Mais elle-elle débarque comme ça et elle se permet de remettre en cause le monde que Bill et moi avons réussi à nous construire sans la présence de l'autre. Mais de quel droit fait-elle ça ? Je tente de calmer mon souffle.
-« Ecoute, j'ai toujours appelé Bill à ces heures-là, parce qu'on essaie de se changer les idées dans la journée et qu'on a du mal à dormir la nuit, c'est tout. Maintenant, tu veux bien me dire ce que tu fais chez MON frère, pourquoi tu réponds au téléphone à SA place et ce qu'il lui arrive, s'il te plait ? »
J'ai du mal à contenir ma rage. En fait ... je la contiens pas, j'ai presque hurlé. Un sifflement énervé me répond.
-« D'accord. J'ai eu des problèmes, je crois que c'est également votre cas. Etant l'amie de Bill je suis venue l'aider et le consoler, et il m'a demandé de rester avec lui. Figure toi qu'il dort, et que c'est certainement la première fois depuis longtemps, tu l'as avoué toi-même. » dit-elle d'une traite.
Je reste sur le cul. Bill, dort. San-sans moi. Je ... je ne lui manque ... plus ? Devant mon silence, elle soupire et reprend de sa douce voix habituelle.
-« Ecoute, ça va te faire de la peine, mais ... ce n'est sûrement pas en vous appelant toutes les nuits que vous allez réussir à vous passer l'un de l'autre. »
Je les sens, encore une fois, ces traîtresses de larmes qui dévalent mes joues. Mais, je ne veux pas qu'on s'oublie. Je ne veux pas mettre une plus grande distance entre nous, même si je souffre maintenant ! Je préfère souffrir que l'oublier. Je ne veux pas mettre notre vie entre parenthèses parce que les gens et la société n'on pas l'esprit assez ouvert. Ce n'est pas notre faute, c'est la leur. Je ... je vais finir par craquer, je le sais. Ca va me tuer, c'est certain.
-« Tom ... elle soupire, Bill souffre plus que tu ne le penses. Je ne sais pas si tu te rends compte de la situation dans laquelle vous vivez, c'est ... insupportable, à ... à, ne serait-ce que regarder. Je ne voudrais même pas que tu voies l'état de ton frère, c'est ... effrayant. »
Mon c½ur se brise, j'ai l'impression que chaque éclat pourpre de celui-ci tranche la chair qui l'entoure. Qu'est-ce qu'ils nous ont fait ? Que sommes-nous devenus mon amour ? Ma main gauche attrape la visière de ma casquette et la jette rageusement à travers la pièce. Je pose le portable sur le tissu du canapé un instant et me masse les tempes. J'entends encore la voix de Katia dans le silence assourdissant de la pièce. Je me sens plus seul que jamais à ce moment. Vous avez déjà pensé que ... que personne ne pensait à vous ? Finalement, elle abandonne et se tait quelques minutes. J'ai cru qu'elle avait raccroché et j'ai laissé plusieurs sanglots sortir de ma gorge. Un sursaut me prend quand son timbre de voix glisse dans mon oreille.
-« Tom ... il est réveillé ... je vous laisse, bonne nuit. »
Je n'ose pas toucher le petit appareil silencieux devant moi. Il ... est là ?
-« Je serais toujours là Tommi. »
Sa voix résonne en moi comme une note que je ne connaîtrais jamais sur le manche de ma guitare. Une note parfaite. Le temps passe, les secondes défilent, les minutes se terminent les unes après les autres. On a pas besoin de parler. Même à travers ce stupide bout de plastique métallique, j'entends, je comprends tout. Je sais de toute façon, quelles sont ses pensées. Ce sont les miennes. Il me manque, je lui manque. J'ai mal, il a mal. Je suis triste, il l'est. Je suis amoureux, lui aussi. Pourtant, je sens que quelque chose en moi a changé. Je ne ... sais pas. Un sentiment, différent. L'injustice peut-être. Oui je ... je trouve injuste de ne pas pouvoir voir ma fille grandir. C'est ça surtout, je crois. Bill ne peut pas le ressentir, lui. Il la voit tous les jours. Ce simple fait nous sépare à des années lumières. Il chuchote mon prénom, toujours à la perfection.
-« Tu sais quoi ? » dit-il, d'une voix qu'on pourrait croire amusée.
Je joue son jeu.
-« Naon, quoi ? »
Il rie doucement, et je souris. Ce rire. Ce simple rire, ce ton à peine changé. Il me fait rêver. J'aimerais être à coté de lui et l'embrasser dans le cou. Lui faire une jolie trace violacée dont on rigolerait le lendemain devant sa petite mine outrée.
-« Eh bien ... Erika a dit quelque chose de joli aujourd'hui. J'aimerais que Georg te l'amène demain, ou peut-être Katia si ça ne te dérange pas. »
Quoi ? Qu'est-ce qu'elle aurait pu dire ... ? Mmh. Elle sait déjà dire quelques mots, des noms d'objets principalement. Et puis 'Maman' bien entendu. Elle vit avec lui, ce n'est pas difficile. Eh ! Et si elle ...
-« Raaah Biiill ... dis moi. » demandais-je, suppliant.
-« Nan nan nan nan nan. » répond t-il, taquin.
Je soupire bruyamment pour lui prouver mon mécontentement. Je me retiens quelques secondes. Je ne voudrais pas tout gâcher mais ...
-« Est-ce que c'est ce que je pense ? » dis-je, alors que mon impatience prend le dessus.
-« Tu verras. » murmure sa voix d'ange.





_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _à suivre_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _


Expéditeur : gus
Commentaire envoyé le : mercredi 28 mai 2008 21:26
Article associé : A r t i k e l * n u m m e r * #13 Voir l'article | Éditer l'article
mdr c koi ce truc de gros trimard mdr va te coucher serieux
je te conseille de concentrer ton Eros ailleurs ke dans TH honte a toi

...
Merci à toi "gus" pour ta franchise (et tes fautes).
Et surtout, un grand merci à ton intégrité. Peu de personnes auraient lu
JUSQU'AU BOUT quelque chose qu'ils n'aimaient pas. C'est très courageux de ta part.
(au fait, ce truc, c'est mon imagination, et je n'en ai pas honte =D)
Bisous à toi (L).

La suite arrive très bientôt !
(ce week end sûr !)


Pour quelques précisions si ce n'était pas clair :
il y a une ellipse de une semaine entre le premier et second passage
et une de 4 mois ensuite. Pour les dates, on est fin aout à la fin du chap.
Seules celles qui auront posté un com, seront prévenues la prochaine fois,
merci quand même,
© Stern_*___________________



# Posté le mardi 13 mai 2008 07:32

Modifié le samedi 07 juin 2008 09:50

A r t i k e l * n u m m e r * #14________________________________________________( kapitel zwölf )_____

A r t i k e l * n u m m e r * #14________________________________________________( kapitel zwölf )_____✖
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_______B e d ü r f n i s * s i e * w i e d e r z u s e h e n * ?


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Besoin de la revoir _** _* _* _ _ _ _ ____





(POV Tom, puis Bill)




__ __ La sonnette me tire de mes songes et je me précipite à la porte d'entrée, manquant de me ramasser une demi-douzaine de fois. Je pose ma main sur la poignée et l'agite nerveusement plusieurs fois ... pour m'apercevoir qu'elle est fermée à clef. Je suis désespérant.
-« J'arriiiive t'en vas pas hein ?! » dis-je, déjà effrayé par l'éventualité que j'ai moi-même énoncé.
Je l'entends rire derrière la porte et un second rire, déclenché par le premier, serre mon c½ur comme jamais. Encore une fois, je me maudis de porter un baggy alors que j'n'en avais pas l'utilité aujourd'hui. Je dérape dans le couloir et finis par revenir vers la porte, le trousseau de clef en main. Je suis tellement heureux et nerveux que je dois m'y reprendre à trois fois avant d'introduire la bonne clef, correctement dans la serrure. Enfin la barrière, qui me sépare d'elle, cède à mon agacement.

Ca fait déjà un mois que je ne l'ai pas vu. Je suis à contre-jour, pourtant, je la vois lever ses petits bras vers moi, le regard suppliant. Je crois que ses cheveux ont encore poussé. Elle est ... parfaite. Ouais, il n'y a aucun autre mot pour la décrire. Je m'approche en même temps que Katia qui me sourit, et que je salue vaguement. Mes mains se posent sous ses aisselles et je la soulève doucement. Elle est si ... joliiiie. Je craque à chaque fois. Son petit corps se blottit contre moi et je la serre tendrement. C'est incroyable, comme elle peut me manquer. Je ne m'en rends vraiment compte que quand je la tiens.
-« Bonjour ma puce. » dis-je, alors que ma main se cale derrière sa tête.
Elle me répond par quelque chose que je n'entends pas, puisqu'elle a enfoui son visage dans le col de mon t-shirt.

Je souris, réajuste ma prise sur elle, et relève les yeux.
Katia nous fixe, ses lèvres s'étirent en un faible sourire.
-« On va pas passer l'aprèm à s'faire des câlins sur le paillasson. » dis-je, amusé par la situation.
Je fais demi-tour, un petit poids accroché à mon cou. Alors que je me rapproche du canapé, la porte d'entrée claque. Je sens qu'Erika me serre de toutes ses maigres forces. Et ... ça me fait mal. Pas physiquement, elle pèse presque rien. Mais ... je ... je ne pensais pas que je lui manquais autant. Je m'affale sur le canapé. Non non, c'est pas de ma faute. C'est juste que le canapé est profond.

Katia s'assoit à mes côtés, l'air plus préoccupée qu'à l'accoutumée. Je n'aime pas vraiment cette fille. Si on me demandait pourquoi là maintenant, je ne saurais pas répondre. Peut-être que c'est simplement physique ou instinctif. Le fait est que je n'ai jamais eu un seul atome crochu avec elle, si ce n'est Bill. Je me souviens qu'au départ, je pensais qu'elle sortait avec Gustav pour l'avoir. C'était stupide bien sûr, mais bon ... j'étais encore plus jaloux que maintenant. L'âge rend plus sage.

Je caresse doucement le dos de ma petite chose et elle se redresse d'elle-même sur mon ventre, un grand sourire heureux inscrit sur le visage. Ca me serre le c½ur à chaque fois, c'est insupportable. D'ailleurs, je crois que je commence à comprendre pourquoi je me sens si mal avec elle. Si elle me pète le c½ur un jour, je m'en souviendrais. Alors que mes yeux fixent son visage, j'aperçois ses mains se rapprocher de mes joues. Elle va perdre l'équilibre à se pencher comme ça, je le sens venir comme le nez au milieu de la figure. Et, bingo, elle s'aplatit sur mon torse, et se met à rire. Bien sûr, moi aussi quand j'me casse la gueule dans la rue, je suis explosé.

Je ne peux retenir un sourire à la voir. Ses cheveux sont encore un peu courts, ils ne lui arrivent qu'à la mâchoire, mais ils sont très blonds. Je me demande s'ils fonceront avec le temps. Bill, qui n'est pas fana du rose, lui a mit une petite robe bleue ciel, et tout ce qui va avec, les chaussures ainsi que le gilet en passant par les épingles à cheveux. Je me marre tout seul en pensant que je vais devoir l'empêcher de l'habiller après ses neuf ans.

Elle a finit par comprendre qu'elle était assise trop bas pour m'atteindre et a gagné quelques centimètres, pour pouvoir poser ses mains sur mon visage. Je sens que je vais passer un sale quart d'heure. Encore une fois, c'est jackpot. Elle a plus baffé que posé ses mains sur mes joues, et ne s'est pas arrêtée là. Elle s'amuse maintenant à tirer tout ce qui lui passe sous la main, en particulier mon piercing, ce qui ne me plait pas vraiment. Le pire, c'est qu'elle rigole à mort. J'attrape ses petites mains inquisitrices et serre ses poignets avec douceur. Elle se débat en riant encore. Je ris avec elle, parce qu'elle est vraiment trop mignonne et finis par la lâcher.

Elle ne bouge pas pendant quelques secondes, puis je vois avec horreur ses yeux s'illuminer alors qu'ils regardent ... mes dreads. Oh, Gott. Et je suis parti pour une bonne dizaine de minutes de torture. Ses doigts s'accrochent à mes cheveux avant même que j'intervienne. Mais au contraire de ce que je pensais, elle ramène une de mes dreads devant ses yeux et l'examine avec attention. J'ai du mal à m'empêcher de rire devant sa mine concentrée. Elle est curieuse. Je ne sais pas si c'est réellement un vilain défaut, mais au moins, elle saura beaucoup sur ce qui l'entoure.

Je tourne la tête doucement en évitant de m'arracher les cheveux. Katia ne nous regarde pas, elle fixe le sol, l'air perdu dans ses pensées. Je me demande ce qui lui arrive. Elle a parlé de 'problèmes' ... ça ne peut être qu'avec Gus. Si c'était autre chose, c'est avec lui qu'elle serait, elle ne se trouverait pas chez Bill à minuit passé. Je ne savais pas qu'il y avait des tensions. Enfin, j'me sens un peu écarté en ce moment. Je suis plus proche de Georg que Gustav, et il est si fier, qu'il n'y a aucun moyen de parler de ses problèmes persos, surtout s'il ne parvient pas à les régler seul. Ca peut paraître contradictoire, mais il est comme ça.

-« Papa. »
Je reçois un choc émotionnel et physique à la fois, alors qu'elle tire d'un coup sec sur la dread qu'elle tenait. Elle est là, me regardant avec une petite moue, vexée que je ne lui accorde pas toute mon attention. Mon c½ur a rarement battu aussi vite. Pas de joie en tout cas. J'entends Katia rire doucement à ma droite, mais je n'arrive pas à détacher mes yeux de ce petit ange qui me sourit maintenant. En fait ... je ne réalise pas. Je ne comprends pas. Comment ... elle a pu apprendre ce ... ce simple mot qui m'estomaque totalement ? Je ... je ne suis jamais là.

J'ai raté ses premiers mots. Je ne peux jamais la serrer contre moi ou l'embrasser. Je croyais que je serais heureux aujourd'hui, parce que bien sûr je m'y attendais. Mais pourtant ... avec la joie qui emplit mon c½ur, je sens une douleur incommensurable, de culpabilité et de doute. Encore plus fort qu'avant, quand je ne savais pas réagir face à ses demandes. Maintenant, je ne sais pas être présent. Je ne pourrais jamais raconter comment elle a marché pour la première fois parce que je ne l'ai pas vu.

Je vois, à travers un voile flou, une de ses petites mains se poser sur ma joue encore et essuyer la larme qui y coule. Mon c½ur déborde d'amour pour elle, mais je n'arrive pas à lui offrir. Cette séparation avec Bill a tout détruit en moi. Mon raisonnement est faux. Je devrais au contraire, lui donner tout, pour compenser le fait que je ne suis jamais là. Mais je me renferme, je ... je cache ce sentiment au plus profond de moi, comme un cadeau jalousement gardé. C'est si stupide ... mais je n'y arrive pas.

Mes mains se posent sur ses hanches, je la rapproche, l'enlace tendrement et dépose plusieurs baisers sur son front. Ses petits soupirs de plaisir me parviennent. Et ... je pleure. Oui, je pleure vraiment. Une vraie crise de larmes avec sanglots intégrés. Je l'aime et je n'arrête pas de lui répéter, à elle qui est une partie de nous deux. Je l'aime et je veux qu'elle le sache, même si je ne vois pas comme elle grandit maintenant. Parce que je lui promets d'être là après. Tout le temps, de ne jamais la laisser seule. De ne jamais réagir comme Maman l'avait fait. D'être heureux quand elle le sera et de la consoler quand elle en aura besoin. Je l'aime tellement.

Elle se détache de moi, étouffée par mon étreinte. Je vois ses petits yeux tristes et je me sens encore plus mal. Une main sur mon épaule me fait sursauter. Katia me regarde avec pitié. Bien entendu, après la scène que je viens de faire.
-« Tom, souris. » déclare t-elle avec gravité.
Je la fixe, interrogatif.
-« Vite souris, sinon elle se rappellera que dire Papa, ça te fait pleurer et elle ne recommencera pas. »
Mon c½ur s'emballe. Je suis inutile. Même quand j'essaye de rattraper mon retard, je m'enfonce et elle avec moi. Je suis si con.

J'inspire un grand coup, histoire d'évacuer mes sinus et tente un sourire maladroit. Je pose mes deux mains sur ses joues et les caresse amoureusement. Elle ne peut pas comprendre tout ce qui se passe autour d'elle, pour le moment. Elle s'arrête à son petit monde, et ses connaissances. Bill, Georg, Katia, Maman, David, Luna, quelques personnes de la régie et moi. Je suis une des deux personnes les plus importantes de la liste, et pourtant je suis le plus absent.

J'étouffe les sanglots qui commençaient à revenir et me redresse un peu, elle toujours assise sur mes genoux, les yeux fixés sur moi. Elle attend sagement. Je ne sais pas vraiment quoi mais elle me regarde comme si j'étais la dernière merveille du monde. Ou la première qu'elle voit en tout cas. Ma main se perd dans ses fins cheveux blonds.
-« Me-merci ma puce, je suis très heureux. » bafouillais-je, légèrement.
Je réussi à sourire à nouveau et dépose un dernier baiser sur son front.

Cette fois, elle me sourit de toutes ses petites dents de lait. Ces petits bouts d'os qui l'ont fait hurler des nuits entières. Mais bon, le plus dur est passé. Je passe mes bras autour d'elle et la serre encore une fois contre mon torse, en riant un peu devant son sourire légèrement édenté. Certes, ses dents ont poussé mais pas à la même vitesse. Aujourd'hui, elle m'a redonné espoir. C'est fou, il suffit d'un petit mot sorti de la bouche d'une petite fille d'un an à peine. Comme quoi, l'espoir peut prendre n'importe quelle forme. Un soupir franchi la barrière de mes lèvres alors qu'Erika tire sur une de mes dreads, rigolant devant mon air désespéré. Et il suffit peut-être d'un geste pour m'exaspérer visiblement.
Je sens venir une aprèm mémorable.
Pour mon plus grand bonheur.

[ . . . ]

Deux petits yeux fatigués se fixent dans les miens, et je sais déjà ce que cela annonce.
-« Hey ma puce, tu veux pas rester avec Papa un peu ? » demandais-je, doucement.
Il est que six heures quatorze. Oui, c'est sûr que pour moi c'est pas beaucoup. Je ne dors que cinq heures grand maximum par jour. Mais on a joué toute l'après-midi. Ou plutôt, elle a joué avec moi. Je suis devenu une poupée de chiffon, pendant plusieurs heures. Ca m'a fait tellement de bien de l'avoir avec moi, courant un peu partout dans le salon pour me montrer ce qu'elle sait faire maintenant.

Katia est restée très peu de temps, elle est sortie 's'aérer' a-t-elle dit. Elle va revenir dans quelques minutes à peine, et je vais devoir me séparer de ce petit ange. Erika fait quelques pas vers moi, alors que je tendais la main dans sa direction, et fini par abandonner à un mètre de mes genoux. Je souris et étire un peu plus le bras pour l'attraper. Elle ne résiste même pas et se laisse aller dans mon étreinte. Je ne sais pas quand Bill voudra bien me la donner à nouveau. J'aime énormément cette petite chose. Il reste trois mois avant le jugement. Il est hors de question que je ne la revois pas entre temps.

Je la sens prendre une grande inspiration dans le tissu de mon t-shirt, pour finir par soupirer d'aise. Comme je l'aime. C'est démentiel. Ca me rappelle cet horrible entretien chez l'avocat. Quand on savait qu'on allait devoir se séparer, qu'on était collés à n'en plus pouvoir mais qu'on se manquait déjà. C'était affreux ... et si douloureux. Comme une déchirure intérieure. C'est un peu la même chose que je ressens en entendant la porte d'entrée s'ouvrir. Elle va partir. Loin de moi. Retrouver Bill, et m'oublier l'espace de quelques jours, voire quelques semaines, le temps où je ne serais pas là. Elle pose sa tête contre mon torse en fixant Katia, qui entre dans le salon et qui sourit en nous voyant, moi assis par terre et elle, blottie dans mes bras.
-« Alors cette aprèm ? » demande t-elle.
-« J'aimerais qu'elle ne se termine jamais. » dis-je lentement.
Mon étreinte se resserre inconsciemment. Je ne veux pas qu'elle parte. Je ne supporte plus d'être séparé d'eux ... ils sont toute ma vie ! C'est simple, j'ai besoin de Bill, d'Erika, et d'une guitare pour survivre. Le reste n'importe pas.

-« Je m'en doute. J'aimerais aussi que vous soyez ensemble jusqu'au jugement ... ça m'éviterai de faire l'aller/retour tant de fois. » finit-elle, en souriant.
Une de ses mauvaises blagues, comme toujours. Elle veut juste que je la remercie de faire autant, pour ma poire seulement. Je soupire doucement.
-« Merci de le faire. » répondis-je à sa demande cachée.
Elle se rapproche et s'assoit sur le canapé, à côté de nous.
-« Je rigolais Tom, ça me fait plaisir. Regarde comme elle est heureuse. »
J'obéis sans m'en apercevoir et sens les deux petits bras qui m'enlacent se resserrer.
Je rate un battement de c½ur sous l'émotion.
-« Papa. Non. » gémit-elle en nichant son visage dans mon t-shirt, à nouveau.
Un autre battement en moins. Qu'on ne s'étonne pas si j'ai des problèmes cardiaques à quarante ans.
Mon Dieu, je ne peux pas la laisser l'emmener.
-« Elle ... elle peut vraiment pas rester plus longtemps ? » demandais-je, désespéré.

Je sais bien que c'est une question vaine et sans réels fondements. Même si Katia acceptait, je me reprendrais pour lui dire que c'est non. Je n'ai rien pour m'occuper d'elle et je ne veux pas la séparer de Bill plus longtemps. Katia me regarde comme un petit enfant qui aurait demandé un poney pour Noël.
-« Franchement, je ne serais pas contre, mais tu sais très bien que Bill ferait une syncope. »
J'hoche la tête, conscient du problème. Ma main se glisse dans le dos de la petite tête blonde qui tente de fusionner avec moi.
-« Elle ne me facilite pas la tâche. »
En effet, Erika a réussi à atteindre mes deux flancs et, ses bras n'allant pas plus loin, a forcé son étreinte de façon à ce que je ne parvienne pas à la détacher. Du moins, je sens que ça va être dur.

Je ne peux retenir un soupir. Elle va tellement me manquer. C'que j'peux être con. Maintenant je suis aussi dépendant de Bill que d'elle. Je l'attrape par les hanches et la tire doucement en arrière.
-« Non ! »
Sa petite voix me fait sourire mais pas son attitude. Je ne vais jamais arriver à m'en séparer si elle n'y met pas un peu du sien. Et je sais qu'elle ne le fera pas. Ce n'est encore qu'un bébé, elle ne sait pas qu'il y a des choses qu'on ne peut pas avoir dans la vie. Comme faire l'amour à son frère jumeau. Ou vivre tranquillement en étant célèbre. Ou ne pas déclencher une émeute de cris remplis de rage ou de joie à chaque fois qu'on se fait repérer dans la rue. La vie est injuste ma puce, mais je te promets, encore une fois, que je ferais tout pour que la tienne soit normale. Dans la limite du possible.

Je tire plus fort et la décroche enfin de moi. Elle me fixe de ses iris noisette, et je sais ... je sais qu'elle va pleurer. Putain, moi aussi maintenant, c'est certain. Chier, j'ai pas envie de chialer devant Katia. Pas encore une fois. Je ... je vais faire quelque chose que je regretterais mais ... tant pis. C'est trop douloureux. Je soulève le petit corps que je tiens, et me lève à mon tour. Calée contre mon torse, elle tente de s'accrocher une seconde fois mais je l'en empêche. J'entends déjà un petit sanglot dans sa voix. Non, je t'en prie ne pleure pas mon ange.

Je me rapproche de la porte d'entrée et fais signe à Katia de suivre le mouvement. Je lui tends ma fille sans plus de précisions et elle la prend après quelques secondes d'hésitation. Ce que je redoute depuis le début arrive. Les adieux déchirants. Je ne veux pas. Je n'en veux pas de ces conneries. Erika sanglote, tendant ses petites mains vers moi, comme si on lui avait enlevé son doudou. C'est ... encore plus douloureux que ce que je voulais m'éviter.

Un soupir m'échappe, je baisse les yeux. Putain ... je ... je voulais pas qu'elle pleure. Je sens les larmes monter doucement. Une grande inspiration me permet de les refouler quelques secondes. Je m'approche et pose plusieurs baisers sur son front. Sa peau est d'une douceur incroyable. Mon c½ur est si brisé à cet instant que je me demande comment je vais m'en remettre un jour.
-« Je suis désolé ma puce, moi aussi j'aurais voulu rester avec toi. » chuchotais-je, devant ses grands yeux remplis de larmes.
C'est une très jolie petite fille. La mienne. Je me redresse, mais suis stoppé dans mon élan. Erika en avait profité pour attraper mes dreads. Un petit sourire naît sur mes lèvres. Je sens vaguement que si je ne les coupe pas un jour j'y aurais droit toute ma vie. Je démêle tendrement ses petites mains de mes cheveux, auxquels elle s'accroche avec désespoir.

Katia semble avoir compris qu'il ne fallait pas s'éterniser et recule lentement dans le couloir extérieur. Je la vois resserrer son étreinte difficile sur Erika qui se débat un peu. Ses sanglots me déchirent l'esprit et ma volonté a du mal à tenir. Sérieusement, si je ne me forçais pas, je courrais déjà la reprendre dans mes bras et je passerais la nuit collé contre elle. Mais les choses ne sont pas si simples. Elles ne le sont jamais.
-« Dis au revoir à Papa. » dit Katia à l'oreille de ma fille.
Immédiatement, elle enclenche la parole. Ce qui est en réalité bien plus douloureux qu'autre chose.
-« Papa, papa ! » gémit-elle entre deux sanglots.
Et je lui souris, me rappelant les mots prononcés par Katia, un peu plus tôt dans l'aprèm. Je lui souris alors que je voudrais pleurer. Je la vois répéter une litanie de 'non' et 'papa'. Je ne comprends pas qu'elle réagisse comme ça. Comment elle a pu autant s'attacher à moi sans que je sois là ? Katia me fait un petit signe discret de la tête. Je ferme les yeux subrepticement, et inspire à nouveau pour éviter de pleurer. J'acquiesce enfin à sa demande et elle me sourit faiblement. Mon petit ange pleure toutes les larmes de son corps et inconsciemment j'ai l'impression qu'on est entrain de l'arracher à Bill.

Je me demande comment elle réagit quand elle quitte l'appart avec Georg ou Katia. Apres tout, ce n'est pas différent maintenant. Je me rends peu à peu compte de la souffrance qu'endure notre fille à se balader entre nous presque sans attache fixe. Moi qui voulais la revoir plus souvent, je me demande si c'est vraiment une si bonne idée. Katia change Erika de sens, la collant face à elle et commence à marcher.

J'entends les pleurs de ma fille s'intensifier, achevant mon c½ur et ma raison. Je me rapproche de l'encadrement qu'elles viennent de quitter, et referme la porte de ma main tremblante. Ca ne fait que trente secondes qu'elle est partie, et les larmes coulent enfin.
Je ne me suis jamais senti aussi seul qu'à cet instant.
Je suis inutile.

[ . . . ]

-« Katia ? »
-« Oui ?! »
-« T'as bientôt fini ? »
demandais-je, avec douceur.
-« Ouiii ... » souffle t-elle, agacée.
Le bruit de la douche reprend. C'est pas du tout la bonne période, il faut avouer. Je soupire et pénètre dans le salon, cherchant l'heure des yeux. Dix heures vingt huit. Il serait, effectivement, temps de s'habiller. Des petits bruits de pas étouffés me parviennent, me tirant un sourire. Je ne bouge pas, sachant déjà à quoi m'attendre. Je sens tout à coup deux petits bras encercler mes jambes, un éclat de rire résonne. Elle est trop mignonne, mais tant qu'elle sera pas un peu plus grande, elle est pas prête de me faire tomber.

Je tire sur son étreinte et délie ma jambe gauche, faisant chuter le petit monstre à mes pieds. Elle se met à rire, couchée sur le dos en me regardant. Avoir un bébé à la maison, c'est tout un tas de contraintes comme : mettre les objets dangereux hors de portée, installer les caches sur les prises et ne pas faire de bruit à partir du moment où elle est couchée. Mais c'est tellement agréable de la voir courir partout. Depuis qu'elle sait marcher, elle ne veut pratiquement plus qu'on la porte. C'est elle qui nous fait retrouver le sourire ici. Elle et Georg, quand il est là, bien sûr. Je sais qu'il fait tout pour moi en ce moment et je lui serais éternellement reconnaissant.

Je m'assois par terre, en tailleur, et ne fait plus aucun geste. Je la regarde se redresser, toujours souriante. Elle se rapproche et monte sur mes genoux, prenant appui maladroitement à des endroits pas forcément simples. On peut pas dire qu'elle soit encore très logique. Je pose mes mains sur ses hanches, ignorant ses protestations et la glisse entre mes jambes. Elle est belle. Y'a pas d'autre mot. Je remets en place quelques mèches rebelles à la brosse et pose mon index sur son nez. Elle louche une demi seconde et le chasse d'un revers de main. Je souris et recommence.
-« Non ! » dit-elle, très sûre d'elle.
J'adore quand elle parle avec sa toute petite voix. J'aimerais bien qu'elle hérite de la mienne. Pas qu'elle soit extrêmement belle, mais en version féminine, ça doit donner.

Elle me regarde, profondément. J'ai l'habitude qu'elle m'étudie. Pour l'instant elle est encore trop petite pour comprendre que sa maman est en fait un garçon, mais je sais qu'elle finira par s'en apercevoir. Je glisse mes doigts sous ses bras et chatouille ses côtes, amusé par son petit air concentré. Elle se débat immédiatement, cherchant à virer mes mains de ses flancs. Je souris, et finis même par rire. Soudainement, la porte de la salle de bains claque. Katia est un peu sur les nerfs en ce moment. Ca ne m'empêche pas de continuer mes chatouilles, déclenchant l'hilarité de ma fille. Ses yeux noisette luisent de larmes difficilement contenues.
-« Bonjour ! »
Je me retourne surpris et salue Georg.

Je croyais que c'était la porte de la salle de bain qui avait claqué, pas celle de l'entrée. C'est fou ce que cet appart est fréquenté. Il se rapproche, et se penche un peu, laissant à Erika quelques instants de répit alors que je sers sa main. Il s'empare d'elle avant que j'ai pu la rattraper. Je n'ai même pas le courage de me lever aujourd'hui. J'ai encore mal dormi cette nuit.
-« Bonjour p'tit bout. » dit-il, en déposant un baiser sur le front d'Erika qui le repousse, en gémissant un flot de 'non' qui me fait irrémédiablement rire.

Georg la regarde quelques secondes et me la tend, vexé, il déclare d'une voix snob :
-« Je la reprendrais quand elle saura apprécier ma beauté intérieure. »
Il nous donne carrément la vanne emballée dans un papier cadeau, c'est impressionnant.
-« Alors je crois que tu ne la porteras plus jamais. » dis-je, un sourire exagéré collé au visage.
J'éclate de rire devant son air désabusé. Il sourit, et pose sa main sur mes cheveux, me passant un savon que je déteste.
-« Arrête ! » m'écriais-je, en remettant en place toutes les mèches qui, par habitude, s'étaient ébouriffées.
Il rie à son tour.
-« Parce que c'est franchement pire comme ça ? C'est ta coiffure naturelle. »
Je lui tire méchamment la langue. Je vois, du coin de l'½il, Erika attraper une mèche de mes cheveux. Il serait temps que je les coupe. Si elle peut les atteindre, ça veut dire que c'est trop long.
-« Tu vois, elle les aime elle aussi. On aime tous tes cheveux Billou ! »
Il est mort de rire bien sûr, et se dirige vers sa chambre.

Je m'apprête à l'interpeller, mais suis coupé pour la même raison.
-« Biiill ? »
-« Oui ? »
-« T'as un jogging à me prêter ? »
demande t-elle, d'une voix toujours agacée.
Je soupire un coup, et soulève Erika qui se débat pour que je la lâche. Je resserre ma prise sur elle pour lui montrer qu'elle n'a pas le choix.
-« Oui, attends. » répondis-je, avançant vers le couloir.
Je le traverse, me glisse dans notre chambre et fouille dans le tiroir d'une grande commode. J'ai toujours préféré les commodes aux armoires, allez savoir pourquoi.

Je tiens fermement Erika collée à moi. Un coup d'½il vers elle m'informe qu'elle observe avec attention mes faits et gestes. Ma main gauche se pose enfin sur le tissu glissant du pantalon. Je referme le tiroir d'un coup de hanche, quitte la pièce et passe la porte de la salle de bains prudemment. Katia me regarde à travers le miroir, l'air aussi énervé qu'attristé. Je lui tends le pantalon en m'approchant et pose une main sur son épaule droite, la serrant doucement.
-« Ca va pas. » déclarais-je, calmement.
Tout son agacement s'envole en quelques millisecondes, et sa tristesse ressort encore plus sur ses traits.
-« ... non. » murmure t-elle, la voix tremblante.

Elle triture le pantalon du bout des doigts.
-« Ca va être trop long. » dit-elle, me montrant le tissu.
Oui, ça c'est sûr. Avec la trentaine de centimètres que je mesure en plus, ça risque d'être trop long. Mais tenter de changer de sujet est inutile.

Sa phrase à double sens me fait mal au c½ur. Elle a besoin de parler, encore.
Il ne faut pas qu'elle se laisse abattre.
-« Ca ne sera pas si long. Il changera d'avis, j'en suis sûr. » dis-je avec douceur, lui souriant à travers le miroir.
Et encore une fois, ses traits changent, la colère revient.
C'est horrible cette période. Je ne m'en rendais même pas compte.
-« Il-il a intérêt a avoir de bons arguments ... je pourrais très bien me passer de lui. » déclare t-elle, le regard méchant.

Pourtant, rien de ce qu'elle dit ou fait, ne montre ce qu'elle pense et ça se voit. Je sais qu'elle est désespérée, et j'avoue que ça me fait le même effet. Gustav est entrain de faire une grosse erreur. Il a sûrement peur, comme Tommi. Sauf qu'ils n'ont pas réagi de la même manière. Je lui souris tristement.
-« Allez, enfile ça pour voir. »
Elle respire un grand coup avant de se pencher, se glissant dans le jogging.

Mon sourire s'agrandit et devient plus sincère.
-« C'est mignon dis-moi. »
Elle me lance un regard vexé.
-« Oui, ben écoute jusqu'ici j'pouvais encore mettre des jeans mais ça devient trop serré et ... et je ... je veux pas retourner à, l'appart. » finit-elle, les larmes aux yeux.
Elle ne me fait pas pitié. Je suis triste pour elle et ce qu'elle vit. Elle ne le méritait pas, c'est une fille formidable. Susceptible, à sale caractère et taquine mais formidable.

Je soupire et la sers contre moi, en même temps qu'Erika qui participe aussi au câlin. Quelques minutes passent, pendant lesquelles sa respiration se fait plus calme.
-« Tu sais ... je parlais pas de ton ventre, mais de la longueur. » dis-je, en souriant, toujours dans la même position.
Elle rie doucement et me frappe. Je me décolle d'elle et la regarde, le sourire aux lèvres.
-« Bon j'te laisse la salle de bains, et je prends ça. » dit-elle en m'enlevant Erika des bras.
Elle se dirige vers la sortie et s'apprête à fermer la porte mais réapparaît dans l'entrebâillement.
-« Et cesse de me considérer comme une petite chose sans défenses. » dit-elle, feignant l'air outré.
Je lève les mains pour lui montrer que je ne le ferais plus et ris un peu alors qu'elle claque la porte.

Malheureusement, nous savons tous deux que c'est en partie ce qu'elle est. Un fort caractère cache toujours quelqu'un de très sensible. Personne ne peut rester de marbre face à une trahison aussi horrible que celle d'un homme qui abandonne sa compagne et son enfant. Je prends appui sur le lavabo et observe mon visage quelques secondes. Je soupire. Mon regard dérive sur mon corps, alors que je retire mon t-shirt. Je ne me supporte plus. Parce qu'à chaque fois que je me vois, je sais que je suis entrain de regarder Tom. Quand l'un de nous deux vit une crise, nous nous retrouvons dans le même état psychologique, ce qui entraîne le même état physique puisque nous réagissons presque tout le temps de la même manière. Mais là, nous sommes tous les deux concernés par le problème.

Mon boxer glisse jusqu'à mes pieds. Je me redresse, et louche sur le miroir. Ma main appuie fermement sur mon ventre. Une grimace de dégoût sur le visage de mon reflet. Putain, avec toutes ses saloperies qui nous sont arrivées, je n'ai même pas eu le temps de perdre entièrement le poids que j'avais pris en attendant Erika. Et au lieu de maigrir, comme beaucoup l'aurait fait à ma place, j'ai grossi. Pourquoi ? Tout simplement parce que, n'ayant rien à faire à l'appart, je bouffe.

Nouveau soupir. Il faut que je sorte. Que j'aille au studio, je sais pas, mais quelque part. Chez Maman. Voilà. D'habitude c'est elle qui vient, mais c'est moi qui irais cette fois. Ca doit faire deux semaines qu'on ne l'a pas vu. Elle passe très souvent depuis que je lui ai partiellement pardonné. Je ne pouvais pas rester séparé d'elle plus longtemps. Elle a accepté, elle. Pas comme cet imbécile de Gordon. Il ne changera donc jamais ? J'en ai bien peur, en tout cas. Il ne m'a jamais aimé et il ne reconnaît pas la pseudo défaite qu'il s'est faite en laissant Tom venir avec moi. Plus macho, tu meurs.

Je m'approche de la petite armoire dans l'angle de la pièce et en sors une serviette sèche. Je la balance sur le petit meuble blanc d'en face, où elle atterrit avec douceur. Je m'engouffre dans la douche, encore chaude à cause du passage de Katia avant moi. C'est énervant comme tout peut me rappeler Tom. On se lavait souvent ensemble, en prétextant une économie d'eau. Ce qui est stupide, bien sur.
Mais que ne ferait-on pas pour être collés vingt quatre heures sur vingt quatre ?


_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _à suivre_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _


La suite, enfin postée. Mais j'espace de moins en moins
les suites, alors j'espere que vous m'êtes reconnaissants !
Bref. J'espere aussi que vous commenterez un peu, car je
ne préviens que ceux qui laissent un commentaire,
et de préférence Constructif ! J'aimerais avoir vos avis à propos
de ce chapitre très très guimauve il faut l'avouer.
Que pensez vous qu'il va se passer au prochain ? Bisous à vous,
© Stern_*________________





HEY LES FILLES NOUVEL ANNUAIRE =D


Un petit tagage de ma grande amie 'Millie =D *sourire faux*

Sept choses à savoir sur moi :

- Je suis ULTRA perfectionniste.
- Les murs de ma chambre sont presque du papier peint TH
- Je vais avoir une Gibson Les Paul pour nöel (LLLLL')
- J'aime beaucoup les Dragons & les Chats (vive le rapport)
- J'aime le vert depuis que je me suis teint les cheveux de la même couleur
- J'ai un grain de beauté sous la cuisse droite (comme mon père <3)
- Je passe en terminale ES pour l'année 2008/2009

...

Je tague =DDD :

- Saraaaaah xD
- Hélène
- Amélie =)
_________________________- Roxane (encore une fois eh oui XD)
- Ashley
- Margot
- Lauréanne

...

# Posté le dimanche 08 juin 2008 09:42

Modifié le lundi 21 juillet 2008 16:31

A r t i k e l * n u m m e r * #15________________________________________________( kapitel dreizehn )_____

A r t i k e l * n u m m e r * #15________________________________________________( kapitel dreizehn )_____✖
*



_________* * * * * * * * * * * * * * * * *


_____________V e r b o t e n e * V e r b i n d u n g


_________* * * * * * * * * * * * * * * * *






Liaison interdite _** _* _* _ _ _ _ ____





(POV Bill)




__ __ Mes doigts appuient fébrilement sur les petites touches lumineuses de mon portable. Le récepteur contre mon oreille, j'entends encore et encore résonner cette saloperie de tonalité. Mais c'est tout. Encore une fois, la messagerie se met en route. C'est pas possible ! Il répond toujouurs ! Je ne comprends pas, c'est ... c'est déjà la ... neuvième fois que j'appelle et ce dans un intervalle de quatre heures. Je dois l'appeler. Je dois entendre sa voix, je sais que je ne dormirais pas sinon de toute façon. De stupides larmes glissent lentement sur mes joues. Je les essuie d'un revers de main rageur. Pourquoi est-ce qu'il ne rappelle pas ?

Un sanglot étouffé sort de ma gorge sèche. Il me manque affreusement. Il avait promis de toujours répondre quelle que soit l'heure et de me rappeler, s'il était sous la douche ou occupé. Mais il ne le fait pas. Mon portable reste désespérément silencieux et immobile. La pièce noire fait résonner mon souffle saccadé. Dehors, la lune me fixe sarcastiquement. Elle a raison. Je n'ai que ce que je mérite. Je n'avais qu'à pas aimer mon frère, c'est ça ? Salope.

Je me lève brusquement, manquant de perdre l'équilibre, et me met à faire les cent pas autour de la table basse, au risque de tomber en la cognant. Je m'en fiche. Je veux juste lui parler. Ma démarche est légère et je ne cesse d'accélérer, comme si je tentais de détruire ma peine à chaque pas. Ou plutôt ... mon anxiété. J'ai toujours été quelqu'un d'hyperactif et nerveux pour un rien. Je vais atteindre des summums dans quelques minutes s'il ne se décide pas à appeler.

Je ... non, je ne comprends pas, ce n'est pas normal ! Il n'y a pas de raisons valables pour qu'il n'appelle pas. Pour qu'il ... m'oublie ? Non, non, c'est faux, il ne m'oublierait jamais. J'invente n'importe quoi dans cet état c'est tout. Je cherche en vain, dans notre discussion d'hier quelque chose que j'ai pu dire et qui l'aurait touché de quelque manière sans que je m'en aperçoive. Je tente de comprendre ce qui a pu se passer dans sa journée pour qu'il ... ne puisse ou ... ne veuille pas m'appeler. Mais rien. Rien. Je ne comprends rien !

Je suis entrain de me stresser comme jamais. Et puis, un éclair de lucidité me saute à la gorge, brisant tous mes espoirs. Et si ... si, non c'est pas possible ! Je me stoppe, et m'effondre sur le canapé, amorphe. Et si il ... il lui était arrivé quelque chose ? Non, non le médecin, l'hôpital aurait appelé. Mais si ... il n'avait pu prévenir personne et qu'il était entrain d'agoniser quelque part ?! Nan, non, je me trompe, je le sentirais. Il va bien j'en suis sûr. Ou du moins je dois le croire tant que je ne suis au courant de rien.

Je baisse les yeux, laissant couler librement ces saloperies de larmes traîtresses sur mes joues déjà mouillées. Mes mains tremblent, je les découvre à la faible lumière que dégagent les lampadaires de la grande rue d'Hambourg sur laquelle débouche notre terrasse. La terrasse. Oui, ça c'est une bonne idée. J'adore y aller et regarder les gens aller et venir en bas, du haut de notre vingtième étage. On dirait une colonie de fourmis. Même à une heure et demie du matin, il y a encore des gens qui se baladent main dans la main, sans avoir à subir le regard dégoûté des gens. A part le mien. Plus jaloux que dégoûté, mais virulent malgré tout.

Je m'approche lentement de la porte fenêtre, pose ma main tressautante sur la poignée et pousse. L'air froid de cette fin de mois de septembre me parvient comme une délivrance. Je m'aère l'esprit avec joie. C'est tellement bon. En quelques secondes, je me rends compte des conneries que j'ai bien pu débiter. Merde, j'ai même remis en question l'amour que Tom me porte. Quel abruti, je peux faire parfois. Mes pieds nus touchent le sol glacial en me procurant des frissons, qui remontent le long de mes jambes en m'hérissant le poil. Mais ça me remet les idées en place, c'est donc parfait.

Je m'appuie à la rambarde après avoir évité la table en fer forgé qui trône au centre de la petite place. Les bruits de la ville me parviennent par brides. L'alarme d'une voiture qui résonne au loin, le son des conversations de quelques personnes en bas. Elles doivent hurler, ou le vent m'apporte leur parole pour que je les entende à cette distance. Mon c½ur manque un battement quand la sirène d'une ambulance se répercute dans les rues de la grande ville. Non, je ... je dois arrêter de penser n'importe quoi. Même si je sais que je ne dormirais probablement pas cette nuit.

Mon cerveau m'alerte, par le biais de mon nerf auditif, que la porte vient de grincer. Katia doit s'être réveillé à cause du bébé. Elle m'a dit qu'il donnait de gros coups parfois. J'ai eu plus de chance qu'elle. Encore heureux, elle, elle est conçue pour donner la vie. Un rictus se forme sur mes lèvres à ce souvenir. Quelle horreur. Ca m'a dégoûté à tout jamais d'être hermaphrodite. Je pousse un soupir amusé à ma propre répartie. C'est tellement faux. Même si a été une véritable torture physique, je ne regrette pas et je sais que je serais même près à recommencer. Si les gens me donnaient au moins l'occasion de vivre avec mon amour. Une odeur me parvient. Je ... j'hallucine ? Ca sent ...
-« Tom ?! »

Je me suis retourné brusquement. Je dois avoir l'air plus bête que jamais, les yeux exorbités de stupeur. Mais c'est vrai ! Il est là, devant moi. L'être que j'aime le plus au monde. Il porte un simple bandana, ses dreads sont détachées ; un t-shirt, une veste et un jean, plus à sa taille qu'habituellement, recouvrent son corps. J'ai du mal à reprendre mon souffle. Et Tom ne m'en laisse pas le temps. Ses mains froides se retrouvent dans mon dos et nos lèvres se scellent. A peine quelques secondes plus tard, nos langues identiques se joignent dans une danse langoureuse qui m'avait tant manqué.

Son odeur, sa peau, son goût. Mon Dieu, j'ai l'impression d'être au Paradis. Ca fait cinq mois que je ne l'avais pas vu. Si longtemps. Trop longtemps. Après une dernière étreinte, nos lèvres se détachent et je niche mon visage dans son cou, respirant sa peau à pleins poumons. Je le sens glisser ses mains entre nous et tirer les pans de sa veste autour de moi, pour me réchauffer. J'avais besoin de fraîcheur mais maintenant, je ne veux que lui, seulement lui. Ses mains massent mon dos avec lenteur. C'est si bon. Tout ce qui vient de lui l'est toujours.

-« Bonjour Toi. » murmure t-il dans mon cou.
Je sens ses lèvres former un sourire avant d'embrasser ma peau frissonnante. La chaleur qui embrase mon corps contraste fortement avec l'air froid de l'extérieur. C'est assez étrange comme sensation. Mes doigts glissent doucement jusqu'au bas de son dos, pour continuer encore plus bas. Sa bouche suce ma peau de plus en plus fort, me tirant un soupir de plaisir qui m'alarme instantanément. La limite se situe là. Pas de suçon.

Je le repousse doucement et il cesse son petit manège avec mécontentement. Je lui souris et pose mes lèvres sur les siennes, entamant un nouveau baiser, plus doux que le premier. Il m'a tellement manqué. Nous nous séparons à nouveau et nos regards se croisent pour ne plus se lâcher. Ses yeux, je les vois tous les jours en plus petit format mais ce sont les mêmes. Deux noisettes parfaites. Sa main glisse dans le haut de mon dos, pour finir par se perdre dans mes cheveux. Je suis tellement heureux que je commence à voir flou. Je pleure carrément de joie.

Il m'a tellement manqué ... raah, j'arrive pas à penser autre chose ; on dirait un véritable drogué. Je m'accroche à lui comme si ma vie en dépendait, comme si j'avais peur que le rêve s'évanouisse. Car ça ne peut être qu'un rêve n'est-ce pas ? Il va repartir. Je suis quasiment certain de ne serrer que de l'air, solidifié par mon amour, dans mes bras. Tom n'est pas là. Il ne peut pas l'être. Il est chez lui, dans son petit appart, à penser à moi certainement, mais il ne peut pas ... être là ? Si ? Sa main s'agrippe à la mienne et il se détache de moi pour me tirer doucement.

-« Viens, tu vas choper la crève là. »
Je suis docilement mon frère, ou l'invention de mon imagination. Je n'arrive toujours pas à croire qu'il puisse être ici. La chaleur de la pièce m'offre un retour à la réalité satisfaisant. Il est là. Là avec moi, sa main est dans la mienne et ses yeux posés sur mon corps. Oui, il est bien là. Mon Dieu. Je me serre à nouveau contre lui, profitant de sa présence. Je le vois sourire tendrement.

Sa main gauche se pose sur mon torse, la droite toujours dans ma nuque, son bras calé dans mon dos. Je retiens à peine un petit cri de surprise quand il me pousse lentement en arrière. Le canapé amorti ma chute, et je pouffe de rire doucement, tandis que ses lèvres embrassent les miennes avec lenteur. En réalité, tous ses gestes me semblent lents et mesurés. Comme s'il voulait garder un souvenir mémorable de cette nuit. J'aimerais le faire moi aussi.

Mes mains glissent dans son jean, les siennes sous mon t-shirt. Nos langues se rejoignent et s'entremêlent doucement. Elles se quittent et mon t-shirt touche le sol, peu de temps après son pantalon. Des pulsions amoureuses commencent sérieusement à occuper mon corps, se répandant dans mes veines, faisant palpiter mes membres. Tous mes membres, oui.

Je sens mon boxer glisser et ma peau toucher le cuir du canapé. Les morceaux de tissu, qui m'empêchaient l'accès de son torse, chutent au sol à leurs tours. Les dreads de Tom caressent mes joues, désormais libérées de leur étau. Je ferme les yeux, je m'abandonne à ses mains. Il sait exactement comment rendre la nuit inoubliable, pas besoin d'être deux à y réfléchir. Je n'ai pas non plus besoin de regarder mes doigts pour savoir qu'ils tremblent d'envie. Tout mon corps me montre à quel point il peut m'être vital. Je mords violement ma lèvre inférieure en sentant nos virilités se toucher. Ses dreads balaient encore mon visage, son souffle glisse sur ma peau.

-« Tu m'as vraiment manqué mon amour ... » gémit-il avant d'embrasser le lobe de mon oreille.
Il se met à le lécher, et des frissons m'accaparent. Je masse lentement ses fesses douces et fermes. Mon Dieu, il est parfait. Son cou se retrouve à proximité de mes lèvres et je ne tarde pas plus pour m'en emparer. Je sens son étreinte se resserrer, ses bras croisés dans mon dos, tandis qu'il se frotte plus franchement à moi, nous tirant des soupirs d'extase. Je m'efforce de garder mes mains où elles sont, mais nos corps deviennent de plus en plus glissants. Un coup de hanche bien ajusté me crispe et je plante mes ongles dans sa chair. Il émet un petit couinement qui m'aurait fait sourire dans d'autres circonstances. Là, j'ai juste une envie. Mes lèvres s'approchent le plus possible de son oreille gauche et je murmure, à bout de souffle :
-« Tommiii, prends moi. »

Je me rends compte que j'ai plus gémi que murmuré mais passons. Il retire ses mains, j'halète doucement, et tombe sur le côté, alors qu'il me positionne sur le dos. Chacune de nos nuits d'amour m'épuise, c'est fou. Ses doigts, légèrement rugueux, passent sur mes hanches. J'écarquille les yeux tout à coup, me rendant compte de la situation.

Je rougis fortement en voyant l'air étonné de Tom devant mes nouvelles formes, pas très glamour. A cet instant, j'ai honte. Oh oui, j'ai honte de toutes les saloperies que j'ai ingurgité en me disant qu'elles auraient peu de conséquences. Je ferme les yeux, voulant à tout prix retirer cette image de moi et l'expression de Tom de ma mémoire. Je sens les larmes se frayer un passage entre mes paupières. Je suis trop sensible, je l'ai toujours été. Ses mains ne bougent pas. Il ne bouge pas. J'ai peur. Cette attitude me fait peur. Pourquoi il ne bouge pas ? Je ... je suis si répugnant ... qu'il-qu-il ne veut plus de moi ? ... j'ai réussi à le faire débander ?! C'est un espèce de gémissement mêlé à un sanglot qui sort de ma gorge cette fois-ci. Quelques secondes plus tard, deux lèvres chaudes se pressent aux miennes. Ses doigts caressent ces horribles amas de cellules grasses avant de remonter.
-« Mon c½ur, ne pleure pas pour ça ... »

Je rouvre les yeux et le vois essuyer mes joues, doucement. Je me sens stupide. Je gâche tout.
-« Tu es magnifique et tu le seras toujours. » rajoute-t-il.
Il colle son torse au mien et m'embrasse à nouveau, par à-coups. Je souris, encore un peu gêné. Mes mains retrouvent leur place avec tendresse. Il me sourit en retour. Nouveau baisé tout doux, et je le vois se pencher en tendant le bras gauche vers son pantalon. Il pense à tout. Où plutôt, il avait prévu la nuit d'avance. Il se redresse et je fixe ses traits se crisper, alors qu'il se voit forcé de toucher son propre sexe pour enfiler la protection de caoutchouc. Il est beau.

Mes pulsions s'accentuent quand ses doigts glissent dans mon intimité. D'abord un, puis deux. Des frissons parcourent ma peau, comme le ferait l'eau sur la plage. Par vagues. Je n'ai pas mal, c'est délicieux. J'ai trop envie de lui, de le sentir en moi. Un troisième doigt caresse désormais ma chair brûlante. J'en ai besoin. Je rouvre doucement les yeux, me retiens difficilement de cambrer et le fixe. Il a beau faire nuit, je sais parfaitement que ce n'est pas l'obscurité qui assombrit son iris. C'est le désir. Je crois que je ne vais pas tarder à comprendre le pourquoi de sa venue.

Je tire ses hanches vers moi, l'empêchant de continuer sa petite préparation et m'agrippe à ses fesses encore une fois. Ses dreads tombent sur mon torse et ses lèvres s'entrouvrent. Mon Dieu, personne n'est aussi beau que lui. Je l'aime. Je referme les yeux en sentant sa main s'insinuer entre nos corps chauds. La nuit commence à peine. Le bout de son sexe touche mon anneau de chair. Mon cerveau m'alerte d'une douleur quand il me pénètre doucement, mais je ne l'écoute pas, et change tous les signaux en plaisir. Chemin inverse, et je rouvre les yeux, plonge mon regard dans le sien. Il est presque noir ; je lui souris.

Ses mains glissent dans mon dos, ses doigts se font une prise sur mes omoplates. Je gémis doucement en le sentant se ré enfoncer en moi. Je vais faire une overdose de Tom. Rien de meilleur. Je le regarde se perdre dans notre union, sa beauté m'ensorcelle. Quand nous faisons l'amour, il est toujours incroyablement beau, encore plus que d'habitude.

Le temps semble s'être arrêté devant tant de magnificence. Je scrute chaque petit détail de son visage. L'obscurité n'est plus un obstacle. Je connais par c½ur chacun de ses grains de beauté, et même chacune des cicatrices que lui ont laissé la varicelle. Mes yeux suivent le tracé d'une goutte de sueur qui coule le long de son sourcil gauche avant de se perdre sur la surface de sa joue. Je retiens tant bien que mal un gémissement de plaisir pur alors qu'il glisse encore plus loin en moi.

Le temps s'accélère désormais, à moins que ce ne soit ses coups de rein. Peu importe, c'est tellement bon. Je le veux en moi à tout jamais. Nos halètements emplissent l'espace. Une petite voix m'alarme que nous devons être silencieux, pour je n'sais quelle raison, alors je m'agrippe plus durement à sa fesse gauche pour poser mon autre main sur sa nuque. Un langoureux baiser commence. Nos langues qui se mélangent, nos corps qui s'unissent. L'harmonie peut-elle être plus parfaite ?

Notre étreinte se resserre de plus en plus. Je ne pense plus à rien d'autre que lui, là, en moi, sur moi, partout autour. Son odeur, sa peau, ses yeux, son goût, ses gémissements étouffés. Je voudrais mourir avec lui, d'avoir trop fait l'amour. L'espace d'une seconde, l'intérieur de mes paupières devient un ciel étoilé d'un blanc immaculé. Mon cri de plaisir disparaît dans notre baiser. C'est comme si tout s'était effacé, qu'il ne restait que lui, enfoncé au plus profond de moi. Je ne bouge plus quelques secondes, paralysé par ce trop plein de plaisir.

Je le laisse me faire l'amour encore et encore. Mes mains tremblent sur sa peau glissante. Je sens les battements de son c½ur, même alors que nos torses ne sont pas collés. Ils s'affolent. Il se ré enfonce en moi, une dernière fois avant de hurler sourdement. Je retire doucement mes lèvres des siennes, et les ré embrasse tendrement. Mes yeux se rouvrent sur le plus beau visage du monde, empreint d'un plaisir suprême. Il est tout bonnement magnifique.

Je l'attire contre moi. Il laisse échapper un petit gémissement qui me fait sourire. Il s'appuie un peu sur sa main gauche et se retire de moi. Un bruit de latex me parvient. Je n'aime pas mettre ça. Je sais bien que c'est utile, mais ça m'agace. Il replace ses bras dans mon dos, me soulevant un peu puis enserre mon torse. Quelques secondes défilent pendant lesquelles je passe ma main dans ses dreads pour les démêler. Mais je sais déjà que, désormais, je suis le seul éveillé.

Mon frère est un vrai mec, lui. Il fait l'amour et puis il s'endort.
Je souris à nouveau en y pensant. Un soupir de bien-être entrouvre mes lèvres. Je l'aime à en crever.


[ . . . ]


Un froissement de vêtement. Je me tourne, dérangé par le bruit intempestif. Ma virilité me semble bien libre. Je fronce les sourcils. Ce n'est pas normal. Je dors toujours en boxer au moins. La lumière extérieure du soleil ne me parvient pas. Quelle heure il est ? Je mets toute ma volonté dans l'ouverture de mes paupières. Une forme, non un corps m'apparaît, en contraste avec la faible lueur que donnent les lampadaires de la rue. Ses longues dreads ne me trompent pas et je me rappelle avec lenteur des événements qui sont arrivés un peu plus tôt.

Tom est venu. Nous avons fait l'amour. Et j'ai du m'endormir. Un bref coup d'½il sur l'horloge digitale m'indique qu'il est quatre heures du matin. Je referme les yeux et fronce à nouveau les sourcils, puis les rouvre. J'ai toujours beaucoup de mal à me réveiller. Je vois Tommi enfiler son pantalon. On voit qu'il n'a pas l'habitude des vêtements si serrés. Il a un pied a moitié dans une jambe et tente désespérément de rentrer l'autre. Je le vois déjà venir : il va se casser la gueule. Ca ne manque pas. Quelques secondes plus tard, il perd doucement l'équilibre, saute sur sa jambe disponible et se prend le pied dans la table basse avant de s'étaler sur le tapis du salon dans un bruit sourd.

Je l'étends jurer dans sa main. Qu'il est bête. Je soupire. Ma bouche pâteuse me fait grimacer. Je hais le réveil. Je me redresse et m'étire un peu, avant de me lever. Après coup d'½il, je m'aperçois que je suis propre. Tom a du nous nettoyer en se levant. Il est toujours empêtré dans ses vêtements. Je ne peux retenir un sourire, devant sa petite mine embarrassée. Je m'agenouille devant lui.
-« Désolé, je voulais pas te réveiller. » chuchote-t-il.
Je souris, caresse sa joue et pose un baiser sur son front, manière de dire qu'il est pardonné. Il est mignon.

J'attrape sa main et le tire doucement en me relevant. Il s'agrippe à mes épaules, face à moi. Pendant quelques secondes, on se regarde, se redécouvre. J'adorais ça, me réveiller à ses côtés chaque matin. Même si c'est pour le voir tirer la tronche parce que je lui aurais pincé les fesses. Il est si beau, comme ça, plus naturel que jamais, quelques dreads tombées devant les yeux. Nos souffles se rapprochent, nos lèvres se referment, l'habitude du matin. A peine deux centimètres entre nous ... je souris brusquement, et tire d'un coup sec sur son pantalon, dans lequel il entre enfin, en étouffant un cri de surprise.

Je pose ma main sur ma bouche pour ne pas éclater de rire devant sa mimique outrée. Il est tellement mignon. J'ai parfois l'impression de retrouver Erika en lui. En réalité, c'est l'inverse, et c'est tellement plaisant de savoir qu'elle lui ressemble. Il me tourne le dos, vexé, et enfile son t-shirt. Je me focalise une milliseconde sur son dos, retenant à grand peine mes mains inquisitrices. Pour rien d'ailleurs, puisque je l'enlace par derrière et pose un baiser dans son cou. Il m'a tant manqué. J'ai tellement besoin de lui.

Il ne bouge pas. Il tente de me montrer qu'il est encore vexé, mais il ne tiendra pas, il n'y arrive jamais. Je décide de jouer jusqu'au bout.
-« Huum, Tommi d'amouuur. » murmurais-je contre sa peau si alléchante.
Je le sens se crisper dans mes bras, et je pouffe dans son cou. Finalement, deux mains se posent sur les miennes et entremêlent nos doigts. Je me serre un peu plus contre lui. Un soupir de plaisir m'échappe, faisant frissonner sa peau. Je souris et m'amuse à déposer des baisers sur celle-ci. Son odeur me rend dingue.

Nous restons comme ça quelques instants, profitant avec délice de la présence de l'autre. Je suis nu et lui habillé, et franchement, ça me frustre. Georg ou Katia pourraient débarquer à n'importe quel moment, si temps est qu'ils aient entendu nos ébats, mais ma pudeur vient de disparaître avec ses caresses. Je sens ses mains se détacher des miennes, et je relâche lentement mon étreinte alors qu'il se tourne pour être face à moi. A la lueur de tristesse qui brille dans ses yeux, je sais déjà ce qu'il s'apprête à me dire.
-« Je vais devoir y aller. »
Nos lèvres s'étirent en un petit sourire. Nous avons dit la même chose au même instant.

L'envie de toucher sa peau me prend. Elle est toujours trop douce. Je le hais d'avoir autant de faciliter à se raser, alors que je m'éclate à la cire tous les deux jours. Mes doigts glissent sur sa joue lisse et je m'en rapproche pour y déposer un tendre baiser. Ses bras passent sur mes épaules tandis que je fourre mon visage dans son cou, inspirant son odeur enivrante. Je l'aime, tout simplement. D'un amour trop puissant et peut-être même obsessionnel. Il caresse doucement mes longs cheveux emmêlés. Je n'ai pas encore eu le courage de me les couper et Erika n'arrête pas de s'amuser avec. Georg aussi d'ailleurs.

Je l'entends poser un baiser au sommet de mon crâne. Un soupir de bien-être m'échappe.
-« Je dois vraiment y aller mon c½ur. » chuchote-t-il.
Je soupire, de tristesse cette fois-ci. Bien sûr qu'il doit partir. S'il reste et que, par je n'sais quel moyen, quelqu'un parlait de sa petite escapade aux juge et jurés, nous serions gravement pénalisés. Même en y mettant toute ma volonté, je ne peux m'empêcher de resserrer mes bras sur son corps parfait. Sa main monte et descend inlassablement dans mon dos.

Une idée, la première que j'ai eu en le voyant hier, me revient. Je m'éloigne un peu de son cou, et fixe mon regard dans le sien.
-« Pourquoi tu es venu ? Je veux dire ... pourquoi prendre le risque seulement maintenant ? »
Ses yeux pénètrent les miens, gauche et droit, tour à tour. Je sens sa main se crisper un peu dans mon dos. Je n'aime pas ça. D'habitude, il le fait quand il est stressé ou ... ou gêné.
-« Je ... tu ... enfin, tu me manquais trop ... voilà. » murmure-t-il faiblement.
Je souris et applique un nouveau baiser sur ses deux lèvres douces et chaudes.

Son piercing m'incommodait un peu au début, je me souviens. Mais après quatre années d'amour et d'embrassades, ça n'a plus la moindre importance. Maintenant, j'y suis habitué, et peut-être même que ça me manquerait. Ca fait partie de lui.
-« T'es mignon, Tommi. » dis-je doucement, me moquant.
Il fronce les sourcils d'agacement et de déception à la fois. Je sais, il n'est pas trop du genre à dévoiler ses points faibles. Et Erika et moi sommes ses points faibles. Il se retourne, attrape sa veste. Je ricane à nouveau devant son geste de vexation.
-« Rooooh, bébé ... »
Je m'agrippe à ses épaules et embrasse son cou une dernière fois avant de retourner m'asseoir sur le canapé. Je soupire et y tombe lourdement.

Je ferme les yeux, épuisé. Je ressens une minuscule douleur qui me rappelle les événements précédents. Je souris stupidement. Tout à coup, tout devient trop silencieux. Je rouvre lentement les paupières. Tom est là, planté devant moi, sans autre occupation que me regarder. J'en frissonne. Il me désire, je le vois dans ses deux jolies prunelles foncées.

Mon Dieu, ça me fait tellement plaisir qu'il ... accepte ma prise de poids. Oui, je sais, je ne devrais pas me formaliser pour si peu. Mais pour moi, c'est énorme. Je ne sais pas combien je pèse, j'ai préféré éviter la balance le temps de retrouver à peu près ma taille. Il se retourne subitement et prend les clefs qui traînaient sur la table basse. J'aurais aimé me lever, mais une flemme et fatigue insupportables s'emparent de moi. Ah oui, il n'est que quatre heures c'est vrai. Je jette un ½il à mon frère qui me regarde encore, d'un air que je qualifierais de mitigé.

-« Tommi ? » demandais-je doucement.
Il soupire et fixe deux yeux tristes dans les miens. Sa lèvre supérieure passe sur l'autre, signe d'embarras.
-« Je ... hum, j'aimerais t'embrasser avant de partir mais ... j'ai peur de pas pouvoir te lâcher. » déclare t-il simplement.
Je lui souris et attrape mon boxer, coincé entre deux coussins du canapé.

Après l'avoir enfilé, et dans un effort surhumain, je me redresse et puis m'approche pour glisser mes bras autour de son cou. Il sent bon. Même après que nous ayons fait l'amour, il sent toujours bon. Son odeur naturelle, inoubliable et douce. Mes lèvres ne cessent de sourire, même sans mon accord. Il hésite quelques secondes à y déposer les siennes. Il est tellement beau. Chacune de mes pensées pour lui, me rappelle que je suis complètement fou amoureux.

Nos lèvres se joignent enfin, juste un baiser en surface, rempli d'amour et de sentiments. Nous nous séparons. Je lui souris encore, alors que son front se pose sur le mien et que nous nous regardons, les yeux dans les yeux. Mers de chocolat réunies dans cet échange.
-« Je t'aime. » murmure t-il tendrement.
Je sens mon c½ur se serrer, comme à chaque fois que ses mots résonnent pour moi.
-« Moi aussi. »
Je plaque un nouveau baiser au coin de ses lèvres, mais ne relâche pas mon étreinte.

Je sens sa main droite glisser dans mon boxer et empoigner ma fesse, ce qui me fait pouffer. Je niche ma tête dans son cou alors qu'il me serre plus fort contre lui. Un murmure se glisse dans mon oreille en me tirant un frisson.
-« On se revoit vite mon c½ur. »
Je soupire.
-« Je sais. »
Je baisse les yeux. Déception. Je suis vraiment chiant. Je ne peux pas m'empêcher d'être déçu, alors qu'il n'y est pour rien. Je le sens m'embrasser entre les deux yeux. Il se détache de moi. Il s'en va. Il reste un mois avant le procès. Un long mois avant de le revoir, et un long mois avant de connaître notre sentence.

Je ferme les paupières. Je ne veux pas le voir partir. Un nouveau souffle glisse sur ma joue. Petit baiser rempli de tendresse. J'entends la porte s'ouvrir. Des mots murmurés qui me serrent le c½ur.
-« Je vous aime. »
La porte claque doucement. Une larme d'impuissance roule sur ma joue. Il me manque déjà.



_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _à suivre_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _


Je suis sûre que vous n'y croyiez pas !
Et bien si, j'ai posté la suite. C'est fou non ?
Bref, j'espère que le lemon vous aura plu
Parce que j'y ai passé des heures ...
J'ai même du le refaire entièrement.
Bon, encore deux chapitres et ce sera
la fin ... du Tome I. Bisous à toutes,
© Stern_*________________________




Bon, premièrement, je tiens à m'excuser de mon immense retard.
Je vous demande pardon é_è Hum, ces temps-ci, je n'ai vraiment
pas le temps d'écrire plusieurs choses à la fois. Je me suis donc
consacrée à Sex-Change que j'aimerais terminer avant celle-ci.
J'ai aussi ... des problèmes personnels plutôt diffciles à surmonter ...
Tout ça, plus la rentrée, je dois avouer que j'ai du mal à tenir le coup
Mais il est hors de question que j'abandonne cette fiction rassurez-vous !
Je l'aime autant que vous ...

*soupir* ... j'ai découvert un blog que j'ai trouvé sympathique au fait =)
Secret-of-writer-yaoi
le principe est de m'inscrire sur le blog, si vous avez un peu de temps
et d'envie bien entendu x) et la gérante du blog devra me consacrer une
fiche avec toutes les questions que vous souhaitez me poser et auxquelles
je répondrais franchement ^^' en gros, si vous avez toujours voulu en savoir
plus sur tel ou tel sujet, comment j'écris, pourquoi, quelles sont mes inspi
ou encore des trucs plus persos xD, il ne vous reste qu'une chose à faire ;)

Bisous les filles =) A plus tard.
Vous serez toutes prévenues sur votre adresse mail, à partir du moment
ou vous aurez rentré teumxbeul@live.fr dans vos adresses ! =D
(si vous avez un quelconque problème de prévention faites m'en part)



# Posté le jeudi 24 juillet 2008 06:58

Modifié le mercredi 17 septembre 2008 16:01