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____________D e r * A n f a n g * d e s * S p i e l e s
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Es war ein Weg, den wir begonnen,
Zusammen leben wollten und fühlen.
Zusammen gestartet und zerronnen,
Nun zerbricht alles in tausend Lügen.
Es gibt kein Licht jenseits der Sonne.
Und ich wünschte, es gäbe einen Weg, einen Weg, ein Weg für uns zwei.
Weißt du, dass ich für dich leb'? Gegen jede Grenze, vogelfrei.
Reich' mir bitte deine Hand, sieh' mir ganz fest ins Gesicht.
Zeig' mir ein weit entferntes Land und führe mich ins helle Licht.
Frei von allen Fesseln dieser Welt. Vogelfrei.
Je soupire. Non. Non encore une fois ça ne va pas ! C'est ... c'est beaucoup trop personnel ! Ca ne concerne que moi et Tom. Comme toujours. Je soupire à nouveau. Je ne sais rien faire putain.
Je me laisse aller dans ma chaise, et pose mes mains sur mes joues, faisant glisser mes doigts jusqu'à mes tempes en les massant. J'ai besoin de calme. J'ai besoin de me ressourcer loin de toute cette folie qui nous accapare. C'est horrible. Je ... je ne supporte plus ... Tous ces gens qui ... qui nous haïssent. Tous ces gens que l'on répugne. Depuis l'annonce de l'existence d'Erika, en fait. Mais avant, je m'occupais de mon ventre et c'était tout. Bien que je sois les trois quarts du temps collé à elle, le fait d'en être séparé m'a fait revenir sur Terre. Dans cette saloperie de réalité.
-« J'en ai marre ... » dis-je en gémissant.
Oui, j'en ai marre d'être pris pour un monstre. J'ai même lu un magazine où il était écrit : « après le phénomène Tokio Hotel, le phénomène Bill Kaulitz ». Certes, ce n'était pas un magazine très passionné de musique. Que du people comme ils disent. Une merde de programme télé où les rédacteurs se croient tout permis. Mais ça fait mal. Quand même.
Un cri résonne dans l'appart tout à coup et je me redresse brusquement. Mon c½ur se serre. Et ce n'est pas la première fois malheureusement. Je grimace un peu et inspire un coup.
-« Tom ? Qu'est-ce que t'as fait encore ? » criais-je, sur un ton explicite.
Seul le silence me répond, entrecoupé des pleurs de mon p'tit c½ur. Mon deuxième amour. C'est incroyable, je me demande comment elle va faire pour vivre avec nous, parce que je ne supporte pas de m'en décoller, ne serait-ce que quatre heures. Je suppose que c'est simplement ... le début. Enfin, je l'espère pour elle. Je soupire pour la troisième fois. Tom est vraiment un grand enfant des fois. Enfin au moins vingt deux heures sur vingt quatre. Comme eux, quand il fait une bêtise, il fait comme s'il n'existait pas.
Je jette un ½il à mon bordel et réajuste les feuilles en une pile bien droite avant de quitter la pièce. Une grimace me déforme les traits alors que je sens encore mon mal de dos. Il ne passe pas, et c'est si désagréable. Mon corps n'était pas content de porter un bébé. Et même si ça fait huit mois que j'y habite tout seul, il semble vouloir me rappeler sa rancune. Je traverse le couloir en long puis en large. Les pleurs proviennent de la chambre d'Erika, ou l'ex-chambre de Gustav. J'abaisse la poignée dorée et pousse la porte. Mon regard capte immédiatement le poulpe qui me sert de frère dans la pénombre de la chambre jaune. J'aime pas le rose. Et Tommi le sait. C'est lui qui l'a fait. D'ailleurs ... ça se voit aux peintures mal jointes et aux motifs incompréhensibles. Mais je la trouve chaleureuse. Et puis, c'est vraiment trop mignon de sa part. Il n'est pas très bricoleur. C'était un très joli cadeau.
Il est de dos, et je devine à la position de ses bras qu'il tient Erika. Pas étonnant qu'elle pleure. Il est près de quatre heures, et elle devrait encore dormir à cette heure-là. Je m'approche et pose mes mains délicatement sur ses hanches. Il sursaute et se retourne, me regardant avec des grands yeux désespérés. Je ne peux m'empêcher de le trouver beau, comme toujours. Mon regard tombe sur Erika que je lui enlève doucement des bras. Pas d'odeur suspecte. Elle a juste besoin de dormir. Je soupire et fixe Tom alors que mes mains plaquent notre fille contre mon torse, étouffant un minimum ses sanglots.
-« Pourquoi tu l'as réveillé ? » demandais-je, curieux.
Je vois mon frère hésiter, en mordillant son piercing, signe de nervosité. Je le sens déjà mal.
-« En fait ... euh ... elle ... » il marque une pause de quelques secondes, baissant les yeux, « elle ... elle n'a pas dormi. » finit-il d'une toute petit voix.
J'écarquille simplement les yeux en digérant l'information.
-« Mais ... pourquoi ? » demandais-je, toujours interloqué.
J'étais persuadé qu'elle avait fait sa sieste. Je ne l'ai pas entendu pleurer avant. Tom a l'air extrêmement gêné, et ça ne me dit rien qui vaille.
-« On ... on a joué ... ? » dit-il peu sûr de lui.
A vrai dire, je n'en reviens carrément pas. Il l'a empêché de dormir, c'est aussi simple que ça. Il faut la laisser quand on vient la coucher en début d'aprèm. Pas faire joujou. Elle n'est pas une poupée. Bien que Tom n'ait jamais joué à la poupée. Je soupire et le regarde alternativement au fond de chaque ½il.
-« Tu as joué avec Elle, et pas l'inverse, elle est trop petite. »
-« Mais ... je suis venu voir tout à l'heure et elle ne dormait pas ! » dit-il pour sa défense.
-« Ce n'est pas une raison ! Quelle heure il était ? »
A nouveau il baisse les yeux.
-« Deux heures et demi. »
Je regarde mon petit ange qui commence à somnoler dans mes bras. La pauvre. Elle va bien dormir cette nuit au moins. Mais elle a seulement huit mois. Elle doit dormir au moins une quinzaine d'heure par jour.
-« Je n'irais pas jusqu'à dire que tu es irresponsable, mais presque. » déclarais-je, agacé.
Je caresse tendrement son dos, et resserre mon étreinte sur ce petit corps que j'aime tant. Ses cheveux ont bien poussé. Ils sont toujours aussi pâles. Je ne me souviens pas d'avoir vu, sur les photos de notre petite enfance, des cheveux aussi blonds. Bah, ça remonte peut-être à loin pis c'est pas définitif. Je la sens gigoter un peu et se blottir plus fortement contre moi. En babillant bien sûr.
Je remonte mon regard vers Tom pour m'apercevoir qu'il n'est plus là. J'émets un petit souffle de regret. Je n'aurais pas du lui parler comme ça. Mais ... je ... je suis trop perfectionniste. Il faut toujours que tout soit réglé à la lettre. Même les horaires de sommeil de ma fille. Je suis insupportable, oui. Et un peu sur les nerfs en ce moment. Mon Dieu, je l'ai carrément traité d'irresponsable pour une si petite chose. Quel con. Bon, eh bien il ne me reste plus qu'à rattraper mon erreur.
Je dépose un baiser sur le front de mon ange avant de la reposer tout doucement dans son lit. Je sors un mouchoir de ma poche, toujours penché sur le lit, et le défais d'une main en le secouant. J'essuie ses yeux et son nez, tout doucement, alors qu'elle s'endort. Elle est toute mignonne. Je souris pour moi-même et me redresse sans oublier de la couvrir. On est qu'en avril et l'appart est bien isolé, mais ... on est jamais trop prudent.
Je traverse le couloir, en entendant la télé allumée. Mon frère est sur le canapé, étalé comme à son habitude. Pourtant je vois qu'il s'en veut dans son regard, plus dirigé vers le sol que l'écran d'ailleurs. Moi aussi. Je m'sens moins seul. Je m'accroupis devant lui et prends sa main gauche. Il la regarde, sans bouger.
-« Tommi. » dis-je, d'une voix douce.
Il ne réagit pas. Je ne lâche pas sa main et me relève m'asseyant sur ses jambes avec difficulté vu l'angle d'écartement.
-« Je suis désolé de t'avoir engueulé. C'était rien. » déclarais-je, avant de poser mes lèvres sur les siennes.
J'ai un peu l'impression de l'embrasser tout seul là. Puis je sens ses mains se glisser dans le bas de mon dos et ses bras m'enlacer. Que je l'aime. Nos bouches se décollent avec bruit.
-« Pardon. » dit-il simplement, en me regardant avec culpabilité.
On ne peut pas se disputer longtemps. Depuis toutes ces années, c'est devenu impossible et la plupart du temps nous nous excusons en même temps. Ma main caresse sa nuque. Un sourire malicieux apparaît sur mes lèvres, alors que je lui susurre :
-« Je sais que tu ne peux pas lui résister. »
Il ouvre la bouche, feignant un outrage, puis m'embrasse doucement.
Un grand enfant. Lunatique qui plus est.
-« C'est bon les gars, vous pouvez terminer. »
Oh mein gott, enfiiiin ! Je saute de mon siège, arrache littéralement mon casque, puis réajuste ma casquette en laine et me jette hors de ma salle d'enregistrement. Elle me manque trop. Tellement que j'arrivais plus à me concentrer, c'est pour dire.
Je traverse le grand couloir beige et passe devant la salle d'enregistrement musique sans même m'arrêter pour attendre Tom. Trop impatient de pouvoir la serrer contre moi. Je prends un tournant et tombe nez à nez avec ma maquilleuse, Luna. Elle me sourit et me tend la petite chose que j'étais venu chercher.
-« Oh, ma puce tu m'as manqué. » dis-je en pressant son petit corps contre moi, une main sous ses fesses pour la maintenir.
-« Calme toi, tu vas fusionner avec elle à force ! » déclare t-elle, amusée.
-« Si seulement je pouvais. » répondis-je avec une mine triste.
Nous rions. J'aime beaucoup cette fille. C'est elle qui a proposé de s'occuper d'Erika. Pas qu'elle ait la fibre maternelle mais bon. J'ai confiance en elle. Et puis je n'ai pas l'instinct non plus ce qui n'empêche pas que je sois ... hum, Maman.
Deux grandes mains se posent sur mes hanches. Avant même de me retourner ou sentir son parfum, je sais qui me touche. Effectivement, j'aurais pu deviner par logique. Seules deux personnes me touchent les flancs. Tom et Georg. L'un par tendresse et l'autre pour ... pour .... Ben pour me faire chier hein. Mais je peux le deviner par la constitution de ces mains. Elles ont, et sont, toujours crispées. C'est incroyable. De plus, je ne le sens pas là, mais son épiderme est abîmé par les cordes de guitare. Trop de détails que je retiens. Non pas parce que je suis autiste. Juste parce que je l'aime et qu'il est la moitié de moi-même.
Tom souffle dans mon cou, en murmurant :
-« Merci de m'avoir attendu hein ?! » d'une voix vexée.
Je me retourne et lui lance un grand sourire plein d'amour. Il ne bouge pas pendant quelques secondes. Je vais le faire craquer, je le sais. Je vois des petites rides se former sur son visage, aux coins de ses lèvres et de ses yeux. Il va craquer. Tout à coup, il sourit, puis immédiatement prend une expression désolée. Désolé d'avoir perdu. J'éclate de rire.
-« Roh non, t'exagères ! » dit-il, en pleurnichant.
-« Joue pas à ce jeu là avec moi mon c½ur, tu sais que tu ne gagnes jamais. »
Sa moue devient vexée. Je me colle doucement contre lui et pose un baiser sur sa joue.
-« Allez Tommi, boude pas. » dis-je d'une voix douce, amusé.
Il fixe Erika quelques secondes, puis me fait un regard de chien battu.
Rah, j'ai horreur de ça, il est ... il est trop ...
-« Tu la préfères à moi. » dit-il, détournant les yeux.
Ce qui a pour effet de me les faire écarquiller. Quoi ?! Mais qu'est-ce qu'il raconte ?
Il fait .... Il fait une ... crise de jalousie à sa propre fille ?!
-« J'ai une idée, dit-il en me prenant Erika des bras, nous allons nous liguer contre Maman. Elle est méchante. On va rester que tous les deux, parce que ELLE, elle m'aime au moins. »
Ai-je besoin de préciser que Georg, Luna, Gustav, Mark et David sont hilares ? Devant la scène père-fille ou ma mine déconfite ? Allez savoir. Il pose sa main sur son ventre alors qu'elle le regarde de ses grands yeux noisette, un sourire aux lèvres. Je ne réagis pas vraiment. Je me rends juste compte à quel point mon frère peut être un imbécile heureux parfois.
Pourtant, je sens que quelque chose cloche. Pas dans cette scène, ni dans le comportement de ceux qui m'entoure. C'est Tom. Il y a quelque chose qui le contrarie. Personne ne peut le voir, il a toujours été doué pour cacher les choses qui lui posaient problème. Oh, que oui. Toujours. Même ses sentiments, ce qui fait que si j'avais fait semblant de rien, on en serait pas là. Erika ne serait pas née et nous ne serions même pas ensemble. Qu'est-ce que tu me caches Tom ? Encore quelque chose qui bouleversera notre vie ?
-« Bon allez Biiill ouvre ton cadeau. »
Le jeune garçon aux cheveux noirs tire sur le bout de ficelle qui retenait le papier fermé avec douceur, puis finit par déchirer sauvagement le reste. Des éclats de rire résonnent dans la pièce. Il découvre une petite boite rectangulaire rouge. Personne ne bouge.
-« Alors ? T'attends le déluge ? » déclare Simone, amusée.
Le brun sourit et ouvre sa boite, laissant voir à tout le monde une montagne de bracelets, colliers et bagues de couleur métallique. Bill écarquille les yeux, une bouffée de joie remonte le long de sa gorge tandis que ses pensées se mélangent sous l'effet de l'indécision. Car il va bien falloir choisir parmi tout ça. Il se lève précipitamment et se jette sur sa mère en la couvrant de baisers.
-« Merci-merci-merci-merci-merci-merciiiiiii. »
Simone rie de l'attitude de son fils, et lui rend un baiser contre tous les autres. Toujours aussi excité, Bill attrape une autre petite boite sous le sapin et la pose sur les genoux de sa mère. Les deux autres convives regardent la scène. L'un joyeux et surtout amusé par la situation. L'autre plus passif. Simone ouvre un paquet fermé avec soin, signe que ce n'est pas son fils qui l'a fait. En découvrant l'insigne d'une bijouterie réputée, son c½ur se gonfle d'amour. Non pas que ce soit mieux qu'autre chose. Un bracelet fait main l'avait comblée dans leur jeunesse. Mais depuis que leur célébrité les accaparait, elle se demandait s'ils sauraient trouver du temps pour leur acheter des cadeaux. Elle découvre un collier à la maille finement ciselée, au bout duquel pend un c½ur en or blanc pur incrusté d'une petite pierre blanche transparente, dont elle ne veut même pas connaître le nom. Elle s'apprête à le remercier, quand le collier disparaît de ses mains, happé par la tornade d'excitation qu'est devenu le cadet. Il s'empresse de l'accrocher au cou de sa mère qui sourit, en passant ses cheveux sur le côté. Il se place face à elle, tandis que Gordon émet un sifflement admiratif, empreint de mépris. Comme toujours, Bill peut offrir de plus jolis cadeaux à sa mère que lui. La mère et le fils partagent une étreinte remplie d'amour. Le beau-père tend le bras pour atteindre un autre cadeau sous le sapin et le pose sur les jambes repliées de Tom qui sursaute presque à ce contact. Gordon sourit, et lui fait un clin d'½il.
-« Je suis désolé si ce n'est pas très original, mais c'est difficile de t'offrir quelque chose que tu n'as pas déjà. »
Le dreadeux lui montre un sourire rassurant. Ses mains s'activent sur le gigantesque paquet, dont la forme montre déjà bien ce qu'il peut contenir. Tom le redresse dans le bon sens et découvre le bout de l'objet.
-« Hum, je me demande ce que ça peut être. » dit-il, feignant une grande réflexion.
Tous rigolent devant l'étui à moitié découvert. Puis le dreadé enlève totalement le papier et ouvre la housse de sa future guitare. Ses yeux s'agrandissent de surprise. Il se tourne immédiatement vers Gordon, interloqué. Celui-ci sourit, amusé par le regard étonné de son beau-fils, mais ne répond rien aux questions posées dans les yeux de Tom.
-« Mais tu .... C'est ..., le dreadeux cherche ses mots sans parvenir à finir une phrase, puis demande simplement, ...pourquoi ? »
-« Tu la mérites. »
Tom rougit un peu et s'empare avec délicatesse du manche de la Gibson noire qui vient de lui être offerte.
-« Mais, c'est la tienne. » dit-il, toujours décontenancé.
-« Ne t'inquiètes pas pour moi vas ! » déclare t-il en riant.
Tom admire l'instrument avant de la placer correctement sur lui, et d'en toucher les cordes respectueusement. Bill se rapproche et s'assoit par terre, à ses côtés en souriant. Le dreadé prend quelques secondes pour apprécier le toucher de ses doigts sur les cordes et le manche. Il relève le regard empli de gratitude vers Gordon qui déclare :
-« Joue nous quelque chose, allez ! »
Il glisse sa main dans la housse et en ressort un médiator. Tom lui sourit, attrape le petit morceau de plastique et place ses mains sur la guitare. Tout à coup, une main se pose sur sa cuisse. Il remonte à nouveau son regard, arrêtant chacun de ses mouvements. Bill le fixe, alternativement dans chaque ½il.
-« Joue la partition que tu as écrit. »
Son frère le regarde, tout en plaçant ses doigts encore une fois. Quelques notes résonnent.
-« Non, pas celle-là. »
-« Mais de quoi tu parles ? » dit-il, d'une voix agacée.
Bill le regarde toujours en souriant. Sourire qui devient malicieux.
-« De celle que tu caches sous ton lit, et que tu joues seulement à trois heures du matin passées. »
Tom pâlit soudainement, sous le regard étonné de leurs parents. Il fixe sa guitare, soupire puis place à nouveau ses mains sur le manche et son médiator près des bonnes cordes. Il joue d'abord tout doucement la mélodie puis en prend le rythme. Ses doigts vont et viennent sur les cordes, automatiquement, mais toujours empreints de sentiments. Comme si il jouait avec son c½ur. Il ferme les yeux, et continue sans s'arrêter. Une voix le fait sursauter. Pourtant il n'arrête pas de jouer.
-« In mir, wird es langsam kalt, wie lang könn' wir beide hier noch sein ? »
Les paroles le font frissonner. Bill a écrit une chanson pour cette musique. Celle qui lui permettait de se libérer de son lourd fardeau, de rêver quelques instants. Il fixe son frère, s'imprégnant de chacun de ses mots, les écoutant avec attention.
-« Bleib' hier, die Schatten woll' mich hol'n, doch wenn wir gehen dann geh'n wir nur zu zweit. »
Elle parle d'eux. Seulement eux deux.
-« Du bist alles was ich bin, und alles was durch meine Adern fließt. »
Cette phrase déclenche en Tom une explosion de sentiments trop forts pour être retenus. De grosses larmes menacent de tomber de ses beaux yeux chocolat. Son c½ur se contracte douloureusement. Tout à coup la mélodie se stoppe, alors que Bill venait de finir sa phrase. Tout le monde fixe Tom avec étonnement. Celui-ci n'a pu retenir ses larmes qui glissent sur ses joues chaudes. Il pose sa guitare dans son étui et prend rapidement la direction des escaliers, fixant le sol pour que personne ne puisse voir sa détresse. Mais Bill la ressent intensément.
-« Mais Tom, qu'est-ce que ... ? »
Simone se lève, inquiète, mais Bill l'intercepte et se dirige vers les escaliers à son tour.
-« Non Maman, ça va ne t'inquiètes pas. On doit parler tous les deux. »
Il grimpe les marches rapidement pour se retrouver face à la porte de la chambre de son frère. Plus très occupée depuis qu'ils sont en tournée sur les routes d'Allemagne. Il ne toque pas, et entre sans prévenir dans la pièce éclairée par les lampadaires de la rue. La silhouette de son frère se découpe dans la lumière. Bill referme la porte derrière lui avec douceur et ne fait qu'un pas vers celui-ci.
-« Alors ? » dit-il dans un murmure.
Tom frissonne, son c½ur bat à une vitesse inimaginable d'après lui. Il n'arrive pas à se dire que son frère lui a tendu un piège. Mais c'est le cas. Il l'a percé à jour. Il a découvert son secret ? Peut-être. La seule manière de savoir c'est d'attendre. Attendre que Bill veuille bien lui dire ce que lui veut entendre. Et les secondes défilent. Dans le silence. Jusqu'à ce que les pas du chanteur produisent un bruit mat, et qu'il soupire une fois assis sur le lit.
-« Dis-moi Tom. Qu'est-ce qu'il se passe ? »
Seul un silence lui répond. Pas même troublé par la respiration du guitariste qui a pourtant du mal à contrôler son souffle court. Il a l'impression d'avoir couru un marathon, de voir la ligne d'arrivée, mais de faire du sur place en donnant toutes ses forces. Comme une course poursuite avec la mort, sans échappatoire.
-« Qu'est-ce qu'il t'arrive ? Je sais que tu ne vas pas bien ... c'est ma faute ? C'est ça ? C'est de ma faute si tu te renfermes ? C'est ma faute si tu ne veux presque plus me parler ... qu'est-ce que j'ai fait ? » dit Bill, la voix tremblante d'émotions.
Tom éprouve à cet instant, un sentiment de culpabilité si fort, qu'il aimerait se jeter par la fenêtre. A cause de son secret, il a fait souffrir Bill. Lui qui voulait au contraire le préserver, a raté son jeu. Maintenant, il ne lui reste que deux solutions : mentir, ou dire la vérité. Presque aussi paradoxales que la mort et la vie, ou encore le bien et le mal. Mais comme dans tout, il y a des nuances. Tom inspire un grand coup, il ne réussit pas à refouler ses larmes et décide de ne pas se retourner. Faible. Il est faible.
-« Je ... ce, ce n'est pas ta faute. Ca ne sera jamais ta faute. » chuchote-t-il, sans forces.
-« Tom. Parle, je t'en prie parle, cette situation me rend dingue ! Tu ne m'approches plus ! Comme ... comme si j'étais un pestiféré. Tu crois que ça me fait plaisir ? Je te vois rire avec les autres, mais moi non. Tu ne me prends plus dans tes bras, tu ne m'embrasses plus le soir ... tu-tu ... tu me manques merde. » déclare Bill d'un trait, qui finit dans un sanglot.
Oui, Tom lui manquait d'autant plus qu'un lien plus puissant qu'il ne le pensait s'était tissé dans son esprit. Ce besoin de contact, câlins et amour n'avait pas grand-chose de fraternel. Pourtant, Bill ne pouvait pas le concevoir autrement. Tom tremble désormais. Convaincu de sa haine pour lui-même, pour la douleur qu'il ressent dans la voix de son frère. N'y tenant plus, il se retourne, découvrant des yeux larmoyants à la lumière blafarde et s'approche doucement de son petit frère. Il s'accroupit, fixant Bill dans les yeux.
-« Tu me manques aussi. » murmure t-il à son double, en posant ses mains sur son visage mouillé par les gouttes salées.
-« Alors pourquoi tu t'éloignes ... ? »
Il espère. Il espère de tout son c½ur que Bill comprendra. Qu'il ne le chassera pas de sa vie comme un monstre anormal et incapable de contrôler ses sentiments. Car c'est le cas. Tom a tenté de rejeter cet amour insupportable qui lui arrache la joie du c½ur. Comment profiter de la vie quand l'être que vous aimez vous est inaccessible ? Vivre ça tous les jours, Tom ne le supportait plus. Et cette phrase dans le texte de son frère lui rappelle trop qu'il ne peut toucher à lui comme il le voudrait. Ne serait-ce que sentimentalement.
-« Parce que je t'aime trop. » déclare t-il d'un souffle mal assuré.
Bill n'attendait que ça en réalité. Et quand ses lèvres ont trouvé leurs homologues, Tom ne pensait plus à rien. La moue de surprise qu'il avait eu s'effaça comme si elle n'avait jamais existé. Bill l'avait mené en bateau depuis le début, il cherchait le bon moment pour le faire craquer. Persuadé depuis toujours que son frère éprouvait ce genre de sentiments à son égard. Ils ne faisaient plus qu'un.
Ce fut le début d'une longue histoire ...
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Voilà la suite. Elle est longue grâce au flash-back surtout.
Mais j'espère que celui-ci vous aura émues.
Je vous fait de gros bisous, en espérant que vous
ne m'en voudrez pas de vous dire que je prends
un peu de distance avec les Fictions et TH.
Parce qu'ils me bouffent la vie, j'essaye de décrocher
raisonnablement, sans les oublier et vous non plus.
Gros bisous,